Lacolonisation baigne ici dans un halo romantique, utopique, qui promet à l’Europe, et à la France en particulier, des territoires où ces peuples seront à même de donner toute la mesure de leur avance civilisationnelle : « Prenez [l’Afrique], non pour le canon, mais pour la charrue ; non pour le sabre, mais pour le commerce ; non pour la bataille, mais pour l’industrie ; UnNous, l'Europe. Le poème s'incarne, devient visages et paroles. Il se fait entendre et nous emporte dans son flux. Le drame y côtoie l'espoir ; le chant se mêle à une scansion de désirs et d'images, l'ensemble redessine la possibilité d'une histoire collective. Nous, l'Europe, Banquet des peuples, spectacle polyphonique, fait du public une assemblée de poètes-citoyens, acteurs d'un Reste pour tous ceux qui aiment l'Europe des peuples, et ont déjà médité sur la place du mythe des origines dans la conscience nationale (mythe thrace en Bulgarie, dace en Roumanie, ibère au Caucase, celtique en Irlande, etc), qu'ils ont maintenant la possibilité de s'initier à la forme albanaise de ce mythe, fait d'histoire incertaine, mais nécessaire à toute nation qui n'a eu Ceprojet s’inscrit dans une réflexion commune avec Laurent Gaudé sur la nécessité de produire un récit européen. Il est nourri par plusieurs voyages et rencontres capitales. AvecNous, l’Europe, Banquet des peuples, Laurent Gaudé et Roland Auzet signent un spectacle total fascinant au Festival d’Avignon en 2019. L’avis et la critique théâtre de Bulles de Culture sur ce spectacle coup de cœur. DuXIXe et début du XXe nous viennent les conflits du centre et du sud de l’Europe avec la mosaïque des peuples de l’Empire austro-hongrois et la décomposition de l’Empire ottoman. Et puis, réémergent les décisions du traité de Versailles de 1920 entre la promesse wilsonienne idéaliste d’un État indépendant pour tous les peuples et le cynisme-réalisme . Critique / Nous, l’Europe, Banquet des peuples » de Roland Auzet et Laurent Gaudé Morgane P. 2019-07-16 0 Dernière mise à jour septembre 26th, 2020 at 0402 Avec Nous, l’Europe, Banquet des peuples, Laurent Gaudé et Roland Auzet signent un spectacle total fascinant au Festival d’Avignon en 2019. L’avis et la critique théâtre de Bulles de Culture sur ce spectacle coup de cœur. Plus d'infos » Nous, l'Europe. Banquet des peuplesL'Europe, l'ancienne, celle d'un vieux monde bouleversé par la révolution industrielle, et l'Union européenne, belle utopie née sur les cendres de deux grandes guerres, sont l'alpha et l'oméga de ce texte en vers libres relatant un siècle et demi de constructions, d'affrontements, d'enthousiasmes, de défaites et d'espoirs. A l'heure où certains doutent, où d'autres n'y croient plus, ce récit européen humaniste rappelle qu'une mémoire commune, même douloureuse, est un ferment d'avenir. C'est donc d'une plume ardente que Laurent Gaudé compose une épopée invitant à la réalisation d'une Europe des différences, de la solidarité et de la liberté. Au programme des institutions théâtrales tragédies, odyssées et contes contemporains Par Léna Martinelli Les Trois Coups Janvier. L’occasion de vous souhaiter de belles découvertes, malgré une rentrée sous tension. Nos théâtres sont autant de chambres d’échos des crises qui traversent notre société, mais aussi de nos maux éternels, de nos inconsolables peines. Et dans ce contexte délétère, si nos théâtres comptent sur la présence des publics, ces derniers ont plus que jamais besoin de vivre des émotions, de penser, de rêver. D’espérer ensemble. Quand parler du travail devient nécessaire et urgent. Anne-Laure Liégeois dont on avait tant apprécié The Great Disaster de Patrick Kermann s’appuie sur trois textes écrits à plus de cinquante ans d’intervalle, des pièces qui décrivent des époques différentes, mais qui ont en commun de poser un regard décalé sur le travail de bureau. Avec une approche tendant vers l’absurde, furieusement drôle et sans concession, Entreprise, déclinaison en trois pièces – le Marché de Jacques Jouet 2020, l’Intérimaire de Rémi De Vos 1995 et l’Augmentation de Georges Perec 1968 – traite, par le rire, de notre rapport au labeur. Actuellement créé au Volcan, scène nationale du Havre, le spectacle entame une belle tournée. Pour divaguer sur les transformations à l’œuvre, du travail mais aussi de nos modes de vie, le TNI / Théâtre national immatériel présente Nickel au Nouveau Théâtre de Montreuil du 16 janvier au 1er février. Créé au Centre dramatique national de Tours – Théâtre Olympia, où la metteure en scène Mathilde Delahaye est artiste associée et également au Théâtre National de Strasbourg, ce spectacle est né d’une rencontre avec la communauté de voguing parisien. On est devant une usine de nickel, à l’heure de la fermeture son dernier ouvrier vient nous parler du monde du travail ; puis, nous voici, vingt ans plus tard, au même endroit le Nickel Bar a remplacé le lieu industriel ; puis encore deux décennies passent on trouve alors une étrange communauté surnageant dans les ruines du capitalisme. Une invitation généreuse à rejoindre la quête d’un être-ensemble libre et sauvage », lit-on dans la note d’intention. Phèdre », de Racine, mise en scène de Brigitte Jaques-Wajeman © Mirco Magliocca De sauvagerie, il en est encore question dans Électre / Oreste, mis en scène par Ivo van Hove lire la critique de Léna Martinelli. La tragédie enflamme toujours les cœurs. Brigitte Jaques-Wajeman s’attaque justement au sujet brûlant de l’amour, monstre dévorateur après avoir longuement exploré le théâtre de Corneille, elle met en scène Phèdre, la plus célèbre tragédie de Racine. C’est notre coup de cœur de la rentrée. On est ressortie chavirée. À voir absolument au Théâtre de la Ville – Les Abbesses du 8 au 25 janvier lire la critique de Léna Martinelli. Autre tragédie du désir de Racine, Bérénice finit sa tournée avec un passage à Points Communs, Nouvelle scène nationale de Cergy-Pontoise les 16 et 17 janvier et au Théâtre de Sartrouville les 21 et 22 janvier. Célie Pauthe fait dialoguer ce monument théâtral sur l’empire de la passion avec un court-métrage de Marguerite Duras. Une tragédie incandescente. Nous, l’Europe, banquet des peuples », de Laurent Gaudé, mise en scène de Roland Auzet © Christophe Raynaud de Lage Également amateur de poèmes tragiques, épiques et flamboyants, Laurent Gaudé narre, quant à lui, l’histoire mouvementée, longtemps guerrière, de ce vieux continent que l’on nomme Europe. Créé lors du Festival d’Avignon, Nous, l’Europe, banquet des peuples entame une longue tournée dans toute la France, avec une série au Théâtre Gérard Philipe, Centre dramatique national de Saint-Denis du 25 mars au 2 avril Lire la critique de Juliette Nadal. Ce texte contemporain mis en scène par Roland Auzet, en faveur d’une Europe solidaire, transcende le discours politique aujourd’hui, l’Europe semble avoir oublié qu’elle est la fille de l’épopée et de l’utopie », écrit l’auteur. Une autre odyssée, présentée dans le cadre du Festival d’Avignon, est également visible Architecture de Pascal Rambert lire la critique de Lorène de Bonnay, avec une distribution de premier choix Emmanuelle Béart, Audrey Bonnet, Anne Brochet, Arthur Nauzyciel, Stanislas Nordey, Denis Podalydès, Laurent Poitrenaux, Jacques Weber…. Après les Bouffes du Nord, le spectacle est joué en Ile-de-France aux Gémeaux, scène nationale de Sceaux, du 24 janvier au 1er février. Invisibles », de Nasser Djemaï © Philippe Delacroix Les récits fondateurs inspirent décidément nombre d’auteurs, comme Nasser Djemaï Invisibles, sous-titré, La Tragédie des chibanis » cheveux blancs » en arabe, relie le drame des travailleurs immigrés à la retraite à la descente aux enfers de l’Énéide. Le protagoniste affronte les fantômes du passé, le sien, mais aussi ceux des émigrés maghrébins coincés dans un foyer Sonacotra. Racisme, solitude, absurdité des rapports sociaux dans nos villes, à nos portes, composent donc cette tragédie moderne lire la critique de Léna Martinelli. Outre la reprise d’Invisibles à la MC93, du 11 au 18 janvier, deux autres pièces de cet auteur contemporain sont à l’affiche à La Colline elles tourneront ensuite. Héritiers du 9 au 22 janvier place Julie face à son héritage, dans un monde en pleine mutation, tandis que Vertiges du 29 janvier au 8 février traite des banlieues, des cités, bref des quartiers dits sensibles », mondes parallèles tout près de chez nous et lieux qui cristallisent les peurs. L’ensemble compose une trilogie autour du pourrissement, celui des déceptions et des humiliations qu’à petites doses transmettent à leurs descendants ceux qui ont vécu l’exil et les arrachements dans les plis invisibles de silences, de petits riens et de murmures à peines audibles », précise Nasser Djemaï. Contes et légendes », de Joël Pommerat © Élisabeth Carecchio Autre artiste incontournable Joël Pommerat, dont les créations constituent toujours un événement. Porté par d’autres comédiens que ceux de sa troupe habituelle, Contes et légendes se présente comme un spectacle d’anticipation mettant en scène des adolescents et des robots humanoïdes. Comment faire exister des corps, des voix, des individus ? L’auteur poursuit sa recherche d’incarnation à travers cette question passionnante de l’humanité artificielle. À découvrir au Théâtre Nanterre-Amandiers, du 9 janvier au 14 février lire la critique de Trina Mounier. Ce beau programme va donc embraser nos scènes. Voix et corps entremêlés, diaspora de langues, audaces stylistiques témoignent du foisonnement créatif actuel. Pour finir sur une note plus légère, tendre et fantaisiste, il est encore possible de voir Incertain monsieur Tokbar en Ile-de-France, au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines du 16 au 18 janvier, avant les ultimes représentations en régions. Les spectacles de Michel Laubu sont de merveilleux stimulants pour l’imagination. Son dernier opus, signé avec Émili Hufnagel, est sans doute l’un des plus aboutis. Mieux encore, leur inaltérable tendresse nous rend heureux », s’enthousiasme Trina Mounier lire sa critique ici. Voici donc quelques spectacles pour bien démarrer 2020 ! Bonne année à tous nos lecteurs ! ¶ Léna Martinelli Entreprise, d’Anne-Laure Liégeois • Tournée ici Nickel, de Mathilde Delahaye et Pauline Haudepin • Tournée ici Électre / Oreste, d’Euripide, mise en scène d’Ivo van Hove • La Comédie-Française jusqu’au 16 février • Infos ici Phèdre, de Racine, mise en scène de Brigitte Jaques-Wajeman • Tournée ici Bérénice, de Racine, mise en scène de Célie Pauthe • Tournée ici Nous, l’Europe, banquet des peuples, de Laurent Gaudé, mise en scène de Roland Auzet • Infos ici • Tournée ici Architecture, de Pascal Rambert • Infos ici • Tournée ici Invisibles, Héritiers, Vertiges, de Nasser Djemaï • Tournée ici Contes et légendes, de Joël Pommerat • Tournée ici Incertain monsieur Tokbar, du Turak Théâtre • Tournée ici L’Europe, c’est une géographie qui veut devenir passé qui veut devenir boussole. Présentation L’Europe, l’ancienne, celle d’un Vieux Monde bouleversé par la révolution industrielle, et l’Union européenne, belle utopie née sur les cendres de deux grandes guerres, sont l’alpha et l’oméga de cette épopée sociopolitique et humaniste en vers libres relatant un siècle et demi de constructions, d’affrontements, d’espoirs, de défaites et d’enthousiasmes. Un long poème en forme d’appel à la réalisation d’une Europe des différences, de la solidarité et de la liberté. Nous l’Europe, banquet des peuples a été récompensé par Le Prix du Livre Européen 2019 – Catégorie Essai. ExtraitCe que nous partageons,C’est d’avoir traversé le feu,D’avoir été, chacun,Bourreau et victime,Jeunesse bâillonnée et mains couvertes de que nous partageons,C’est l’humanisme savons ce que l’homme peut faire à l’homme,Nous connaissons l’abîme,Nous avons été avalés par sa c’est une géographie qui veut devenir passé qui veut devenir boussole. Mise en scène2019 création à Avignon Festival In, du 6 au 14 juillet, dans une mise en scène de Roland Auzet cour du Lycée Saint-Joseph. Nous l'Europe... en Europe Noi, L’Europa Italie Our Europe Royaume-Uni Wir, Europa Allemagne € € AdresseTHEATRE DE L'ATELIER 1 Place Charles Dullin PARIS 18 75018 ArtistesRoland Auzet, Karina Beuthe, Agathe Bioulès , Robert Bouvier, Nina Dipla , Rodrigo Ferreira, Laurent Gaudé, Yasin Houicha, Dagmara Mrowiec-Matuszak, , Stanislas Roquette, Artémis Stavridi, Thibault Vinçon Dates07/05/2022 2000 11/05/2022 2000 12/05/2022 2000 13/05/2022 2000 14/05/2022 2000 15/05/2022 1500 18/05/2022 2000 19/05/2022 2000 20/05/2022 2000 21/05/2022 2000 22/05/2022 1500 25/05/2022 2000 26/05/2022 2000 27/05/2022 2000 28/05/2022 2000 29/05/2022 1500 ParisThéâtre Du 07/05/2022 à 2000 au 29/05/2022 à 1500NOUS L'EUROPE, BANQUET DES PEUPLES de Laurent Gaudé Conception, musique et mise en scène Roland Auzet Avec Karina Beuthe Orr, Robert Bouvier, Nina Dipla / Artemis Stavridi, Rodrigo Ferreira, Yasin Houicha, Rose Martine, Dagmara Mrowiec-Matuszak, Stanislas Roquette, Thibault Vinçon, la Nébuleuse d'HIMA Faustine Berardo, Bro'Lee, Maxime Pillard & un ch ur préparation et cheffe de ch ur Agathe Bioulès Création Festival d'Avignon IN 2019, production déléguée l'Archipel, scène nationale de Perpignan L'Europe c'est une géographie qui veut devenir philosophie. Un passé qui veut devenir boussole ». Laurent Gaudé Nous, l'Europe, Banquet des Peuples est une pièce de théâtre musicale née d'une collaboration entre l'écriture de Laurent Gaudé Prix Goncourt 2004 et la mise en scène de Roland Auzet. Créée à l'occasion du Festival d'Avignon en 2019, elle est aujourd'hui sous le patronage de la Commission Européenne et labellisée PFUE2022. Vaste fresque historique et politique, ce banquet festif réunit douze acteurs, chanteurs et performeurs venus de toute l'Europe. De Grands Témoins seront invités afin de partager leur vision de l'Europe. Scénographie Roland Auzet, Bernard Revel et Juliette Seigneur Création et régie lumière Bernard Revel Création vidéo Pierre Laniel Musiques électroniques Daniele Guaschino Chansons composées et interprétées par La Nébuleuse d'HIMA Collaboration artistique Carmen Jolin Costumes Mireille Dessingy Assistant à la mise en scène et surtitreur Victor Pavel Régie générale Séverine Combes Régie son Julien Pittet Régie vidéo Justin Artigues Critiques Presse Laurent Gaudé rallume la flamme de l'Europe ! » Le Temps Une mise en scène ample, généreuse, sophistiquée sans être prétentieuse [ ] et on a rarement vu, ou plutôt entendu, une polyphonie aussi maitrisée, entre la parole, forte, portée par les comédiens, dans toutes les langues européennes, la musique, du chant de choral céleste au rock métal ou à la brutale pop, et le son sous toutes ses formes. » Le Monde L'écrivain Laurent Gaudé et le metteur en scène Roland Auzet unissent leur force pour redonner le goût de l'Europe dans un spectacle musical revigorant. C'est l'une des réussites les plus enthousiasmantes de ce début de Festival d'Avignon. » La Croix Un spectacle puissant et festif, un poème chantant aussi bien les convulsions que les trouées de lumières du récit de l'Europe. » La Dépêche du Midi Créée au Festival d'Avignon l'été dernier, Nous, l'Europe, Banquet des peuples avait fait sensation. À raison. La mise en scène de Roland Auzet du texte de Laurent Gaudé est spectaculaire. » La Nouvelle République

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