RĂ©cit- Journaliste au service SociĂ©tĂ© Par FrĂ©dĂ©ric Delepierre PubliĂ© le 28/06/2018 Ă  13:59 Temps de lecture: 5 min. C e dimanche, au cimetiĂšre militaire de La Panne, trois soldats morts au combat en 1914 vont recevoir les honneurs militaires au cours d’une cĂ©rĂ©monie oĂč ils vont enfin trouver leur dernier lieu de repos.C’est que leur histoire est loin d’ĂȘtre banale. LasƓur d'un disparu nous a Ă©crit une lettre bouleversante pour le rĂ©cuser. PlutĂŽt que de lui rĂ©pondre, nous avons choisi de publier ses mots forts et TĂ©lĂ©chargezces Vecteur gratuits sur Ensemble De Dessins AnimĂ©s Avec AndroĂŻdes, Soldats Humains Dans Des Exosquelettes De Combat Robotiques Avec Des Fusils, et dĂ©couvrez plus de 28M de ressources graphiques professionnelles sur Lambiance dans l'armĂ©e russe est si misĂ©rable que certains soldats dĂ©cident parfois de se rendre volontairement. Des Russes capturĂ©s racontent que Vladimir Poutine agit brutalement contre les Le31 juillet 2017 au Mali, la vie du caporal-chef Manuel Cabrita bascule. Il est griĂšvement blessĂ© lorsque son vĂ©hicule blindĂ© saute sur un IED (engin explosif improvisĂ©). Il en rĂ©chappe, mais perd un bras et une jambe. Dans l’ouvrage « Je reste un soldat », Ă©crit avec Alexis Bataille1, il revient sur son parcours de reconstruction physique et psychique. Soldatsfrançais et maliens ensemble au combat. Les hommes du 27e BCA sont engagĂ©s pour de longues semaines au Mali. RĂ©guliĂšrement, via les informations qui nous sont transmises depuis de . International DĂ©fense Treize militaires français de la force Barkhane » au Mali sont morts lundi dans la collision accidentelle de deux hĂ©licoptĂšres lors d’une opĂ©ration de combat contre des djihadistes. Hommages et messages de reconnaissance se sont multipliĂ©s, mardi 26 novembre, aprĂšs la mort de treize militaires français de la force Barkhane » au Mali, la veille, dans la collision accidentelle de deux hĂ©licoptĂšres lors d’une opĂ©ration de combat contre des djihadistes. Dans un communiquĂ© publiĂ© par l’ElysĂ©e mardi matin, le prĂ©sident de la RĂ©publique a saluĂ© avec le plus grand respect la mĂ©moire de ces militaires de l’armĂ©e de terre, six officiers, six sous-officiers, et un caporal-chef, tombĂ©s en opĂ©ration et morts pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel ». Le premier ministre, Edouard Philippe, a saluĂ© ces hĂ©ros tombĂ©s pour leur pays » auxquels nous devons tous notre infinie gratitude ». Il s’agit de l’évĂ©nement le plus meurtrier pour la mission française au Sahel depuis son dĂ©ploiement au Mali en 2013 puis dans l’ensemble de la rĂ©gion en 2014. Lire aussi Crash d’hĂ©licoptĂšres au Mali qui sont les treize soldats français tuĂ©s ? Une prĂ©sence de chaque jour, une fiertĂ© de chaque jour » Ă©motion et recueillement Ă  Pau Plusieurs centaines de personnes se sont retrouvĂ©es mardi soir Ă  Pau pour rendre hommage aux treize militaires, dont sept appartenaient au 5e rĂ©giment d’hĂ©licoptĂšres de combat 5e RHC de la ville. Devant l’hĂŽtel de ville aux drapeaux en berne, les portraits des sept militaires de la base de Pau Uzein encadraient l’estrade de laquelle le maire, François Bayrou, a appelĂ© Ă  une minute de silence, avant que l’assistance n’entonne la Marseillaise. L'Ă©motion des habitants lorsque François Bayrou nomme un par un les 7 militaires basĂ©s Ă  Pau et morts au Mali BFMTV BFMTV M. Bayrou a Ă©voquĂ© ces militaires du 5e RHC, une prĂ©sence de chaque jour, une fiertĂ© de chaque jour » pour sa ville. Il a soulignĂ© le sentiment d’admiration pour leur professionnalisme 
 leur esprit de sacrifice ». Le lien avec les familles des victimes est renforcĂ© » et nous avons bien l’intention de les serrer dans nos bras moralement dans l’épreuve qu’elles ont commencĂ© Ă  traverser ce matin », a-t-il ajoutĂ©. Votre prĂ©sence ici ce soir montre que vous avez conscience qu’il faudra accompagner longtemps les familles avec beaucoup de cƓur et de persĂ©vĂ©rance », a dit Ă  la foule le lieutenant-colonel en second Karl Flambry. Gap pleure quatre de ses militaires aguerris » Plusieurs centaines de Gapençais, dont de nombreux soldats en uniforme, ont rendu hommage aux quatre militaires du 4e rĂ©giment de chasseurs morts au Mali, lors d’une cĂ©rĂ©monie organisĂ©e devant l’hĂŽtel de ville de Gap Hautes-Alpes, mardi soir. Sous les drapeaux retenus par un ruban noir et Ă  cĂŽtĂ© des portraits des quatre militaires, le maire de la ville, Roger Didier, et la prĂ©fĂšte des Hautes-Alpes, CĂ©cile Bigot-Dekeyzer, ont tour Ă  tour saluĂ© leur mĂ©moire, en prĂ©sence du colonel Nicolas de Chilly, le chef de corps, qui n’a pas pris la parole en public. La ville de Gap pleure quatre de ses militaires aguerris », a dĂ©clarĂ© le maire de Gap, saluant leur esprit de sacrifice » et leur courage ». Le 4e rĂ©giment de chasseurs occupe une place particuliĂšre dans le cƓur de tous les Gapençais », a soulignĂ© l’élu. La prĂ©fĂšte a rappelĂ© que 75 % des effectifs du rĂ©giment avaient Ă©tĂ© projetĂ©s ces derniers mois en CĂŽte d’Ivoire et au Mali ». La brĂšve cĂ©rĂ©monie a Ă©tĂ© marquĂ©e par une minute de silence, prĂ©cĂ©dant la Marseillaise, reprise en chƓur par les voix graves des nombreux militaires prĂ©sents, avant que le maire n’invite ses concitoyens Ă  applaudir longuement les quatre militaires disparus. Un registre de condolĂ©ances sera mis en place, dĂšs mercredi, dans le hall de la mairie. A l’issue de la cĂ©rĂ©monie, le colonel Chilly a Ă©voquĂ© la douleur » des frĂšres d’armes des victimes. Il a aussi fait part de sa fiertĂ© » d’avoir sous ses ordres des jeunes hommes qui s’engagent et sont prĂȘts Ă  donner leur vie pour leur pays ». Une minute de silence Ă  l’AssemblĂ©e et au SĂ©nat Une cĂ©rĂ©monie nationale d’hommage se tiendra aux Invalides dans les jours prochains », a annoncĂ© la ministre des armĂ©es, Florence Parly. La ministre, qui a annoncĂ© se rendre prochainement au Mali, a saluĂ© des hĂ©ros qui, jusqu’au bout, ont combattu pour notre libertĂ© ». La lutte contre le terrorisme est un combat sans rĂ©pit 
. Je voudrais dire le respect qu’on devrait tous avoir pour ces femmes et ces hommes engagĂ©s pour protĂ©ger notre pays. Nous avons pour eux une profonde reconnaissance. » Une minute de silence a Ă©tĂ© observĂ©e Ă  l’AssemblĂ©e nationale et au SĂ©nat en dĂ©but d’aprĂšs-midi. Au nom du SĂ©nat tout entier », son prĂ©sident, GĂ©rard Larcher, a saluĂ©, Ă  l’ouverture de la sĂ©ance, le courage et l’abnĂ©gation de ces militaires 
 morts pour la France dans l’essentiel combat contre le terrorisme djihadiste au Sahel ». Il a exprimĂ© aux familles des victimes la profonde compassion » du SĂ©nat, avec une pensĂ©e toute particuliĂšre pour la famille » du sĂ©nateur centriste du Haut-Rhin Jean-Marie Bockel, dont le fils fait partie des soldats tuĂ©s. A l’ouverture de la sĂ©ance des questions au gouvernement Ă  l’AssemblĂ©e, le prĂ©sident Richard Ferrand a Ă  son tour rendu hommage aux militaires ayant engagĂ© leur vie pour dĂ©fendre notre sĂ©curitĂ©, nos valeurs, nos libertĂ©s ». Lire aussi Mali l’armĂ©e française perd treize militaires dans un accident d’hĂ©licoptĂšres Reconnaissance » et admiration » les hommages des responsables politiques La France pleure aujourd’hui », a dĂ©clarĂ© sur Twitter l’ancien chef de l’Etat François Hollande. Je rends hommage aux treize militaires français morts en opĂ©ration au Mali, alors qu’ils luttaient avec courage contre le terrorisme », a-t-il ajoutĂ©. Notre nation tout entiĂšre doit ĂȘtre rassemblĂ©e pour tĂ©moigner admiration et gratitude Ă  ces hommes d’exception qui ont sacrifiĂ© leur vie pour la France », a, de son cĂŽtĂ©, tweetĂ© l’ancien prĂ©sident Nicolas Sarkozy. Des responsables de partis politiques – Ă  l’instar de Stanislas Guerini dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral de La RĂ©publique en marche, Christian Jacob prĂ©sident des RĂ©publicains, Olivier Faure secrĂ©taire national du Parti socialiste, ou Fabien Roussel secrĂ©taire national du Parti communiste français – ont exprimĂ© leur reconnaissance » et leur soutien » aux militaires français, et adressĂ© leurs condolĂ©ances Ă  leurs familles et compagnons d’armes. Lire aussi Barkhane », G5 Sahel, Minusma le point sur les opĂ©rations militaires internationales au Sahel AprĂšs avoir exprimĂ© sa vive Ă©motion » et tĂ©moignĂ© de son soutien » aux soldats qui mettent leur vie en danger en obĂ©issant aux autoritĂ©s politiques », le groupe La France insoumise LFI Ă  l’AssemblĂ©e nationale a rĂ©clamĂ© un changement de la politique française au Mali, dĂ©tonant quelque peu dans le concert unanime d’hommages de la classe politique. Ils sont morts pour le Sahel » les rĂ©actions Ă  l’international Les prĂ©sidents du Mali et du Burkina Faso, deux pays oĂč opĂšre Barkhane », ont exprimĂ© mardi leur solidaritĂ© avec la France. Vous avez dit et Ă  juste raison que ces soldats “sont morts pour la France”. J’ajouterais qu’ils sont morts pour le Mali, qu’ils sont morts pour le Sahel, qu’ils sont morts pour la libertĂ©, qu’ils sont morts pour l’homme », a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident malien, Ibrahim Boubacar KeĂŻta, dans un message adressĂ© Ă  son homologue français. La perte est lourde mais les peuples du Sahel partagent votre deuil 
 eux qui payent tous les jours un lourd tribut Ă  la guerre contre l’obscurantisme », a-t-il ajoutĂ©. Lire notre reportage Au Mali, l’opĂ©ration Barkhane » ensablĂ©e en terre oubliĂ©e Dans un message Ă©galement destinĂ© au prĂ©sident français, et postĂ© sur Twitter, le prĂ©sident burkinabĂ©, Roch Marc Christian KaborĂ©, salue [la] mĂ©moire » des soldats disparus et adresse [ses] sincĂšres condolĂ©ances Ă  leurs familles ainsi qu’à l’ensemble du peuple français ». C’est l’Europe tout entiĂšre qui est en deuil, car au Mali comme ailleurs, c’est l’armĂ©e française qui dĂ©fend l’honneur et la sĂ©curitĂ© de l’Europe », a de son cĂŽtĂ© rĂ©agi le prĂ©sident de la Commission europĂ©enne, Jean-Claude Juncker. Le Jean-Christophe Sarrazin Gap, correspondant Vous aimez ce film, notez le !Personne n'a encore votĂ© pour ce film ! Ce film illustre les difficultes rencontrees par les realisateurs japonais avec les autorites de la censure pendant la guerre. Titre original non renseignĂ©AnnĂ©e de production 1939RĂ©alisĂ© par Fumio KameiDate de sortie non renseignĂ©eDate de reprise non renseignĂ©eDistributeur France non renseignĂ©Distributeur international non renseignĂ©DurĂ©e 60 minutes 299 452 000 banque de photos, images 360° panoramiques, vecteurs et vidĂ©osEntrepriseSĂ©lectionsPanierRechercher des imagesRechercher des banques d’images, vecteurs et vidĂ©osLes lĂ©gendes sont fournies par nos de l'imageTaille du fichier7,2 MB 262,7 KB TĂ©lĂ©chargement compressĂ©Dimensions1291 x 1936 px 21,9 x 32,8 cm 8,6 x 12,9 inches 150dpiDate de la prise de vue26 avril 2021Informations supplĂ©mentairesCette image peut avoir des imperfections car il s’agit d’une image historique ou de dans la banque de photos par tags Ce premier post » rĂ©flĂ©chi sans connaĂźtre le contenu du Monde en date de ce 19 aoĂ»t permet de rĂ©agir aux diffĂ©rents articles sur l’Afghanistan qui prĂ©sentent une vision du conflit me paraissant objective. Elle mĂ©rite cependant une rĂ©action diffĂ©rente venant d’un soldat-citoyen, sinon une position divergente face au sentiment gĂ©nĂ©ral exprimĂ©. En effet, Ă  chaque fois qu’un soldat français tombe au combat en Afghanistan, le dernier Ă  ce jour un lieutenant tuĂ© le 14 aoĂ»t 2011 par un tireur isolĂ©, nous avons droit Ă  plusieurs types de rĂ©actions La mĂ©diatisation macabre du niĂšme » mort ; Les honneurs peu convaincants rendus par la Nation dont la grande masse des citoyens continue sa vie quotidienne, certes bien compliquĂ©e aujourd’hui ; Les commentaires politiciens des pour » et des contre » l’engagement de la France en Afghanistan. Compter les morts au combat n’est pas Ă  mon sens rĂ©ellement une information mĂȘme si leur nombre augmente depuis le dĂ©but de l’annĂ©e car le combat s’est effectivement portĂ© dans la zone française. Quelque 74 morts depuis 2001 en Afghanistan soit 7 par an, est-ce effectivement une information lorsqu’il y a chaque annĂ©e 10 000 suicides en France soit plus de 100 000 depuis 2001 !, 4 000 morts sur les routes
 mĂȘme si les chiffres expriment des rĂ©alitĂ©s diffĂ©rentes. Dans la guerre en Afghanistan, l’information est que les soldats français combattent bien, que la mort et la blessure au combat sont des risques acceptĂ©s, qu’environ 50% d’entre eux le sont par des piĂšges et non par des affrontements directs face Ă  quelques centaines de combattants estimĂ©s. La mise en valeur des soldats français doit ĂȘtre au cƓur de l’information et non le fait qu’il y ait un ou plusieurs dĂ©cĂšs. Et ce n’est pas de la propagande ! Il est vrai que, peu Ă  peu, les honneurs rendus aux soldats tombĂ©s au combat retrouvent leur place dans le rituel rĂ©publicain et deviennent une source de rĂ©flexion sur le sens de la guerre menĂ©e. Le prĂ©sident Sarkozy est sans doute le prĂ©sident qui a Ă©tĂ© le plus confrontĂ© Ă  ces cĂ©rĂ©monies Ă©mouvantes et fortement mĂ©diatisĂ©es. PrĂ©sident au passĂ© militaire plutĂŽt terne, il a appris le rituel militaire et ses subtilitĂ©s hĂ©ritĂ©es d’une longue tradition historique. Il rend hommage aux soldats avec une vraie dignitĂ©, des mots justes et une grande sincĂ©ritĂ©. La diffusion par la tĂ©lĂ©vision permet aussi de rassembler de nombreux Français lors de ces cĂ©rĂ©monies et de le faire savoir Ă  l’échelle du monde mais est-ce suffisant ? Avant tout dĂ©bat, peu opportun en temps de guerre, le tĂ©moignage public de l’affection du peuple portĂ©e aux forces armĂ©es au retour des corps ne concerne aujourd’hui que peu de citoyens Ă  la grande diffĂ©rence des pays anglo-saxons. NĂ©anmoins et c’est tout Ă  fait louable, les mĂ©dias parlent peu Ă  peu de ces prĂ©sences anonymes sur le chemin de retour des dĂ©pouilles mortelles, prĂ©sences pourtant peu nombreuses malgrĂ© des dizaines d’associations d’anciens combattants ou d’anciens militaires qui revendiquent des centaines de milliers d’adhĂ©rents, un correspondant dĂ©fense » dans chaque commune
 Cet hommage de la Nation, hors dĂ©bat politicien, pourra cependant ĂȘtre fait collectivement avec plus de rĂ©flexions lors du 11 novembre qui devrait devenir la journĂ©e commĂ©morant les combattants de toutes les guerres. Le ministre de la dĂ©fense a annoncĂ© le 19 juillet 2011 rĂ©ponse Ă  une question parlementaire Ă©crite parue au Journal officiel qu’il soutiendra cette proposition de loi. Enfin et surtout, remarquons l’évolution des discours politiques. Hier, l’amalgame entre l’emploi des forces armĂ©es et les buts politiques Ă  atteindre faisait de l’ArmĂ©e la principale cible de toutes les critiques. Aujourd’hui, constatons que la classe politique fait bien la distinction entre une armĂ©e neutre politiquement et la mission qui lui est donnĂ©e par le gouvernement. Le soutien moral et public aux soldats par une grande partie des Ă©lus est un progrĂšs apprĂ©ciĂ©. La France n’a plus honte de ses guerres. Elle est fiĂšre de ces ses soldats qui sont allĂ©s jusqu’au bout de leur engagement. En revanche, la volontĂ© de l’ennemi Ă  faire de cette guerre une dĂ©faite pour nos forces a Ă©tĂ© renforcĂ©e par la rĂ©clamation permanente Ă  chaque tuĂ© du dĂ©part des troupes d’Afghanistan qui a sans doute conduit Ă  l’annonce du retrait d’une partie du contingent. Sur ce point, je regrette seulement que la concentration de nos forces en Afghanistan soit obĂ©rĂ©e. On peut le comprendre en politique intĂ©rieure, pas vraiment en efficacitĂ© opĂ©rationnelle. Une armĂ©e française rentrant d’Afghanistan sans avoir obtenu le succĂšs, sans pouvoir justifier les pertes en morts et en blessĂ©s, avec le sentiment enfin d’un travail inachevĂ© ne pourrait qu’amener une grande amertume parmi nos professionnels. Certes le glaive cĂšde Ă  la toge
 Aucun doute ne doit donc exister sur la position française et sur la fermetĂ© de l’engagement de la France dans un conflit qui, comme d’autres, dĂ©passe le simple calendrier Ă©lectoral. Aucun commentaire ne doit donc fragiliser l’engagement militaire de nos forces confrontĂ©es Ă  un ennemi dont l’objectif n’est pas de gagner sur le terrain – il n’en a pas les moyens – mais de frapper les imaginations par des actions spectaculaires, au bon moment justement du calendrier, pour bien communiquer », en vue d’influencer nos opinions publiques et donc nos politiques. Tuer un soldat français – comme un soldat amĂ©ricain – n’est pas seulement un acte de guerre mais aussi, sinon avant tout, une action d’influence. Evoquons donc avec fiertĂ© l’engagement de nos soldats. Assumons avec fermetĂ© et collectivement la guerre choisie qui est menĂ©e et bien menĂ©e. Soutenons avec rĂ©solution nos combattants et leurs familles en honorant nos morts par le souvenir mais aussi en n’oubliant pas nos nombreux blessĂ©s bien plus discrets. François CHAUVANCYSaint-cyrien, brevetĂ© de l’École de guerre, docteur en sciences de l’information et de la communication CELSA, titulaire d’un troisiĂšme cycle en relations internationales de la facultĂ© de droit de Sceaux, le gĂ©nĂ©ral 2S François CHAUVANCY a servi dans l’armĂ©e de Terre au sein des unitĂ©s blindĂ©es des troupes de marine. Il a quittĂ© le service actif en 2014. Il est expert des questions de doctrine sur l’emploi des forces, sur les fonctions ayant trait Ă  la formation des armĂ©es Ă©trangĂšres, Ă  la contre-insurrection et aux opĂ©rations sur l’information. A ce titre, il a Ă©tĂ© responsable national de la France auprĂšs de l’OTAN dans les groupes de travail sur la communication stratĂ©gique, les opĂ©rations sur l’information et les opĂ©rations psychologiques de 2005 Ă  2012. Il a servi au Kosovo, en Albanie, en ex-Yougoslavie, au Kosovo, aux Émirats arabes unis, au Liban et Ă  plusieurs reprises en RĂ©publique de CĂŽte d’Ivoire oĂč, sous l’uniforme ivoirien, il a notamment formĂ© pendant deux ans dans ce cadre une partie des officiers de l’Afrique de l’ouest francophone. Il est chargĂ© de cours sur les questions de dĂ©fense et sur la stratĂ©gie d’influence et de propagande dans plusieurs universitĂ©s. Il est l’auteur depuis 1988 de nombreux articles sur l’influence, la politique de dĂ©fense, la stratĂ©gie, le militaire et la sociĂ©tĂ© civile. Coauteur ou auteur de diffĂ©rents ouvrages de stratĂ©gie et gĂ©opolitique., son dernier ouvrage traduit en anglais et en arabe a Ă©tĂ© publiĂ© en septembre 2018 sous le titre Blocus du Qatar l’offensive manquĂ©e. Guerre de l’information, jeux d'influence, affrontement Ă©conomique ». Il a reçu le Prix 2010 de la fondation MarĂ©chal Leclerc pour l’ensemble des articles rĂ©alisĂ©s Ă  cette Ă©poque. Il est consultant rĂ©gulier depuis 2016 sur les questions militaires au Moyen-Orient auprĂšs de Radio MĂ©diterranĂ©e Internationale. Depuis mars 2022, il est consultant en gĂ©opolitique sur LCI notamment sur la guerre en Ukraine. Animateur du blog DĂ©fense et SĂ©curitĂ© » sur le site du Monde depuis aoĂ»t 2011, il a rejoint depuis mai 2019 l’équipe de Theatrum Belli. Alors que la France a rendu hommage sur le pont Alexandre III ce lundi 4 et ce jeudi 7 janvier Ă  cinq soldats morts au Mali dans le cadre de l’opĂ©ration Barkhane le gĂ©nĂ©ral Bruno Dary, ancien gouverneur militaire de Paris, revient sur le sens de cet hommage rendu par la France Ă  ses un premier hommage national lundi 4 janvier Ă  trois militaires morts au Mali, les Français Ă©taient invitĂ©s une nouvelle fois ce jeudi 7 janvier Ă  se rendre sur le pont Alexandre III, devant les Invalides, pour un second hommage Ă  deux autres soldats tuĂ©s dans des circonstances similaires. En l’espace de quelques jours, le 28 dĂ©cembre 2020 et le 2 janvier 2021, cinq soldats français dĂ©ployĂ©s au Mali dans le cadre de l’opĂ©ration Barkhane ont Ă©tĂ© tuĂ©s. Le brigadier-chef Tanerii Mauri, le chasseur de 1Ăšre classe Quentin Pauchet et le chasseur de 1Ăšre classe Dorian Issakhanian, tous trois issus du 1er rĂ©giment de chasseurs de Thierville-sur-Meuse, et, quelques jours plus tard, le sergent Yvonne Huynh et le brigadier LoĂŻc Risser, tous deux issus du 2e rĂ©giment de hussards de Haguenau, prĂšs de dĂ©cĂšs qui portent Ă  50 le nombre de soldats français tuĂ©s au Sahel depuis 2013 dans les opĂ©rations anti-djihadistes Serval puis Barkhane. Ces soldats sont morts au nom de la France », rappelle auprĂšs d’Aleteia le gĂ©nĂ©ral Bruno Dary, ancien gouverneur militaire de Paris et Ă  l’origine du plan Hommage » que l’on connaĂźt aujourd’hui. La France et sa population doivent leur rendre hommage au moment oĂč leurs dĂ©pouilles mortelles retrouvent le sol du pays qu’ils ont servi ». L’armĂ©e française se trouve une nouvelle fois endeuillĂ©e aprĂšs la mort de cinq soldats au Mali en l’espace de quelques jours. Comment l’accepter ?GĂ©nĂ©ral Bruno Dary Le mĂ©tier de militaire est conçu autour de la mort. Il ne s’agit pas de mourir pour mourir bien sĂ»r, la mort n’est pas une finalitĂ© en soi. Mais la diffĂ©rence avec d’autres mĂ©tiers c’est que le soldat sait que la mort est une Ă©ventualitĂ©, une possibilitĂ©. On fait tout pour que cette Ă©ventualitĂ© n’arrive pas mais elle existe. C’est d’autant plus difficile pour notre sociĂ©tĂ© de le comprendre aujourd’hui que son regard sur la mort Ă©volue. Pourtant, il suffit de se replonger dans l’histoire contemporaine pour se rendre compte qu’elle n’a jamais cessĂ© d’exister durant la PremiĂšre Guerre mondiale personnes sont mortes chaque jour en moyenne pendant quatre ans sans discontinuitĂ©. Lors des 40 jours de campagne de mai-juin 1940, soldats sont morts chaque jour. La guerre d’AlgĂ©rie, c’est 10 morts par jour pendant sept ans. Mais on a tendance Ă  oublier que lorsque l’on fait la guerre, lorsque l’on mĂšne une opĂ©ration, malgrĂ© le degrĂ© d’entraĂźnement, la mort est prĂ©sente. En tant que militaire on sait que lorsqu’un ordre est donnĂ© le soldat l’exĂ©cute jusqu’au bout, parfois au prix de sa vie. Mais la sociĂ©tĂ© le refuse ou l’évacue du ces morts se pose une nouvelle fois la question de la pertinence de l’opĂ©ration Barkhane et de la prĂ©sence française au Mali. Est-ce un Ă©chec ? Si la France se retire, les mĂȘmes causes produisant les mĂȘmes effets, toutes les capitales d’Afrique de l’ouest Ă  commencer par Bamako tomberont sous le joug de Daesch. La France fait donc office de rempart. Si cela suffit pour le moment Ă  Ă©viter une catastrophe, c’est-Ă -dire que cela ne dĂ©rape pas en guerre civile ou en guerre tout court, cela ne suffit pas pour rĂ©gler le problĂšme. D’une part parce qu’en agissant ainsi on permet aussi indirectement Ă  des gouvernements de continuer dans la corruption et la prĂ©varication comme c’était le cas au Mali, et d’autre part car ce qui est fait sur le plan militaire n’est malheureusement pas fait sur le plan diplomatique, politique ou encore Ă©conomique. Tant que la rĂ©ponse n’est pas globale, le problĂšme ne sera jamais aussi Un monument pour les soldats morts en opĂ©rations extĂ©rieuresGouverneur militaire de Paris de 2007 Ă  2012 vous avez largement dĂ©veloppĂ© le plan Hommage ». De quoi s’agit-il exactement ? Le plan Hommage a Ă©tĂ© initialement mis en Ɠuvre peu aprĂšs le bombardement de BouakĂ© en 2004 au cours duquel la France a perdu plusieurs hommes. Il a pour vocation d’accueillir les dĂ©pouilles des soldats français morts au combat en transit sur la capitale et avant les obsĂšques qui se dĂ©rouleront dans la ville de garnison ou aux Invalides. C’est vraiment une grosse structure qui a pour but de soulager les familles endeuillĂ©es en prenant en charge la partie logistique. J’y ai ajoutĂ© l’hommage au pont Alexandre III en m’inspirant de ce que faisait les pays anglo-saxons afin de permettre aux citoyens de rendre Ă©galement hommage Ă  leurs soldats. C’est en aoĂ»t 2011 que ça a Ă©tĂ© fait pour la premiĂšre fois, lorsque deux lĂ©gionnaires du 2e rĂ©giment Ă©tranger de parachutistes 2e REP, le caporal-chef Kisan Bahadur Thapa et le caporal Gerhardus Jansen, ont Ă©tĂ© tuĂ©s au combat en Kapisa Afghanistan. Nous avions invitĂ© tous ceux qui le souhaitaient Ă  s’associer Ă  la mĂ©moire du sacrifice de ces soldats morts pour la France en Ă©tant prĂ©sent sur pont Alexandre III lors du passage du convoi funĂ©raire. Cela s’est fait peu Ă  peu, progressivement. Aujourd’hui c’est une assemblĂ©e trĂšs cosmopolite constituĂ©e de combattants, d’anciens combattants, de militaires d’active en tenue mais aussi de nombreux civils. C’est une bonne chose ces soldats meurent au nom de la France, Ă  la France et aux Français de leur rendre un dernier les cercueils des soldats traversent la cour des Invalides au son des tambours, la rĂ©alitĂ© l’emporte. En tant que gouverneur militaire de Paris vous avez Ă©tĂ© dĂ» accueillir les familles des soldats morts en Afghanistan
 Oui, j’ai dĂ» rencontrer une soixantaine de familles. Il y a deux parties essentielles et particuliĂšrement Ă©mouvantes la mise en biĂšre bien sĂ»r, et l’arrivĂ©e des cercueils dans la cour des Invalides aprĂšs le passage sur le pont Alexandre III. Ne sont prĂ©sents Ă  ce moment lĂ  que les deux familles des soldats la famille de sang et la famille militaire. Comme je le disais aux familles endeuillĂ©es, c’est un moment trĂšs lourd, trĂšs dur, car le cauchemar devient rĂ©alitĂ©. Les familles ont Ă©tĂ© prĂ©venues, elles sont sous le choc, mais elles se demandent si elles ne vivent pas un cauchemar. LĂ , lorsque les cercueils des soldats traversent la cour des Invalides au son des tambours, la rĂ©alitĂ© l’emporte. Chaque coup de tambour est un clou qu’on enfonce dans le cƓur des familles. Mais c’est un cĂ©rĂ©monial essentiel pour elles qui contribue Ă  leur permettre de faire leur disiez-vous aux proches de ces soldats morts pour la France ? Je disais que leur fils, leur pĂšre ou leur mari Ă©tait un hĂ©ros. Dans la longue liste des gens morts pour la France, il est le dernier nom inscrit. Je disais qu’avec sa simplicitĂ©, ses qualitĂ©s, ses dĂ©fauts et sa gĂ©nĂ©rositĂ©, il est allĂ© au bout de sa aussi Un militaire au combat peut-il concilier foi et vocation de soldat ?Y a-t-il un souvenir, un moment qui vous a particuliĂšrement frappĂ© ? AprĂšs l’hommage dans la cour d’honneur des Invalides est proposĂ© aux familles un temps de recueillement dans la cathĂ©drale situĂ©e derriĂšre, saint-Louis-des-Invalides. Il est arrivĂ© Ă  plusieurs reprises que les soldats tuĂ©s soient de confession diffĂ©rente, qu’il y ait par exemple un chrĂ©tien et un musulman. Mais Ă  aucun moment des familles se sont opposĂ©es Ă  ce moment de recueillement, de priĂšre silencieuse, commun. SystĂ©matiquement les familles nous rĂ©pondaient qu’ils Ă©taient allĂ©s au combat ensemble et qu’il fallait donc qu’ils aillent dans cette cathĂ©drale ensemble. Ce sont des moments d’une grande force.

on est des soldats ensemble au combat