Onn'est sympa avec des gens qui sont sympas et vas y tu peux tirer sur mon physique , tout est dans le mental l'agressivité - page 2 - Topic Vous avez peur des antillais du 20-06-2013 17:33:39
UnexcĂšs de confiance qui nâaura pas manquer faire rĂ©agir Booba qui lui est considĂ©rĂ© par beaucoup comme le meilleur rappeur de tous les temps. Le duc a envoyĂ© une pique Ă N.I via sa story Instagram avec le message suivant : « Hop Hop Hop on sort le jaune pour autoproclamation illĂ©gale en dehors de la surface de rĂ©paration ! «.
Dans ce game ils ont tous peur de Booba, je dis tout haut ce que les gens pensent tout bas" Nouveau clip de Kalash Criminel « Pronostic » maintenant disponible !
Dans ce game ils ont tous peur de Booba" - Crimi 28 Jan 2022
Dans ce game ils ont tous peur de Booba, j'dis tout haut c'que les gens pensent tout bas » Kalash Crimi en mode ultra parisien et
Ronaldoeneuropa MP. 21 aoĂ»t 2022 Ă 14:10:06. Le 21 aoĂ»t 2022 Ă 14:02:19 : Le 21 aoĂ»t 2022 Ă 14:00:14 : c'est clairement booba qui a peur en plus d'ĂȘtre incohĂ©rent depuis le dĂ©but. en
. On accoste Marie Debray dans un restaurant du 6e arrondissement de Paris, bien connu des historiens le Procope, lâun des plus vieux Ă©tablissements de la capitale. Pourquoi ici ? Parce que 'pro-Kopp' ! », sâexclame lâĂ©crivaine de 45 ans avec un sourire. Kopp, câest lâun des surnoms de Booba, incontournable figure du hip-hop français, et le jeu de mots nâa rien dâun effet, en fĂ©vrier dernier, Marie Debray a autopubliĂ© un livre au titre Ă©vocateur Ma Chatte, lettre Ă Booba. LâintitulĂ© choc dissimule un rĂ©cit poĂ©tique ciselĂ©, bourrĂ© de citations et de rĂ©fĂ©rences, et une main tendue au rappeur, de la part dâune femme qui voit en lui une sorte dâicĂŽne fĂ©ministe. Ce gros macho dĂ©gueulasse ! »Avec ses clips saturĂ©s de femmes-objets et ses rimes brutales, Booba incarne lâessence mĂȘme dâun hip-hop hardcore, dopĂ© Ă la testostĂ©rone. Et pourtant Marie Debray, comme dâautres, voit dans sa musique un instrument dâĂ©mancipation de la femme. Vous avez dit paradoxe ?Marie Debray, auteure de - spĂ©cialement auditrice de rap hormis quelques artistes â IAM, Eminem⊠â, Marie Debray a dĂ©couvert Booba il y a cinq ans. Je buvais des verres avec un ami et il mâa conseillĂ© de lâĂ©couter », se souvient-elle. PremiĂšre rĂ©action Ăa va pas ! Ce gros macho dĂ©gueulasse ! » Mais elle finit par jeter une oreille Ă lâalbum Lunatic. Boss du rap game », Jour de paye »⊠Câest une rĂ©vĂ©lation Les sons mâont enivrĂ©e. Leur lourdeur, leur Ă©nergie, câest comme de la drogue. Et puis, il y avait les paroles. »Quasi-Ă©trangĂšre Ă lâunivers du rappeur, lâĂ©crivaine se met Ă lâĂ©tudier avec frĂ©nĂ©sie Je suis rentrĂ©e dans une phase monomaniaque. Je lâai Ă©coutĂ© trois heures au minimum par jour, pendant environ deux ans. Puis je me suis intĂ©ressĂ©e Ă la personne. Jâai mis du temps Ă comprendre les paroles, puis Ă avoir toute une idĂ©e sur son monde la banlieue, les colonies⊠Câest comme si jâavais fait une thĂšse. »Comment un rappeur qui chante suce-moi dans ma Lambo [rghini] » peut-il fasciner une femme biberonnĂ©e aux Ă©crits de Judith Butler ou Angela Davis ? Câest la qualitĂ© littĂ©raire, mais surtout le caractĂšre revendicatif des textes de Booba qui ont inspirĂ© Marie Debray. Sa musique narre la rĂ©ussite insolente dâun banlieusard franco-sĂ©nĂ©galais, un self-made man qui refuse de faire profil bas dans une France mal Ă lâaise avec son passĂ© colonialiste et ses quartiers populaires. Jâaccole deux choses qui a priori sont antinomiques, explique Marie Debray, parce quâon dit que Booba fait du mal aux femmes, quâil a des propos misogynes⊠Mais la thĂšse du livre, câest que je voudrais me rapprocher de lui parce que je me sens opprimĂ©e comme lui. Je lâalpague en essayant de le faire venir avec nous. Je lui dis quâun mec qui vient des colonies ne peut ignorer que nous, les femmes, venons des maisons closes. »Pour lâauteure, les luttes sociales des femmes et des Noirs ont un ennemi commun le patriarcat, câest-Ă -dire la domination des hommes blancs dâĂąge mĂ»r dans les lieux de pouvoir. Et dans ce combat pour la reconnaissance et la visibilitĂ©, Booba est un pugiliste de premier ordre. Une subversion politiqueFĂ©ministes et Booba, mĂȘme combat Ă lâĂ©vocation de cette idĂ©e, Emmanuelle Carinos, Ă©tudiante Ă lâEcole normale supĂ©rieure et animatrice dâun sĂ©minaire dâĂ©tude littĂ©raire du rap, ne hausse mĂȘme pas un sourcil. Booba est quelquâun qui a subi des oppressions. Et nous en tant que femmes, on connaĂźt ça trĂšs bien », analyse-t-elle. Dans sa musique, il prend ces oppressions et les retourne, il donne Ă ses auditeurs un espace cathartique oĂč sâexprimer. » Et de citer le Tumblr B2O Feminizim, qui reprend des citations du rappeur pour exalter lâĂ©mancipation yeux de lâĂ©tudiante en sociologie, la misogynie des textes du rappeur ne doit pas ĂȘtre excusĂ©e. Mais elle est oblitĂ©rĂ©e par leur subversion politique On est dans une sociĂ©tĂ© oĂč les femmes, comme lâargent, sont la marque du succĂšs, et oĂč il est plus difficile de rĂ©ussir quand on est issu des classes populaires ou quand on nâest pas blanc. Donc quand Booba se sert dâun de ces symboles, ça a quelque chose de subversif dans lequel les femmes peuvent se reconnaĂźtre. »Un montage du Tumblr B2O Feminizim, qui reprend des citations de Booba. - B2O Feminizim FĂ©minisme et hip-hop ne sont pas incompatibles »Et puis, Emmanuelle Carinos en a aussi marre dâentendre que les femmes ne peuvent pas aimer le rap On sait ce quâon est en train de faire quand on Ă©coute du rap. Les femmes aussi sont capables de second degrĂ© ! Si je mâarrĂȘtais au moindre truc sexiste, je nâirais jamais au cinĂ©ma, je ne lirais jamais aucun livre⊠Lâart va au-delĂ de ça. » Le fĂ©minisme et le hip-hop ne sont pas incompatibles, bien au contraire », argumente EloĂŻse Bouton, qui tient le blog Madame Rap et vient de signer une tribune sur les femmes et le rap. Dans le rap, les femmes trouvent une libertĂ© quâelles nâont nulle part ailleurs. Elles peuvent y parler de sexe, de violence, de politique⊠Et on y trouve des artistes de toutes les origines, avec des corps de toutes les formes. »Depuis quelques mois, Booba est Ă la tĂȘte de son propre groupe de mĂ©dias, OKLM, au slogan sans ambiguĂŻtĂ© Pour nous, par nous ». Un prolongement direct de cette logique antisystĂšme qui inspire tant les femmes.
On a longtemps cherchĂ© Ă interviewer Booba sans que lâoccasion ne se soit vraiment prĂ©sentĂ©e. Peut-ĂȘtre aussi que dans un coin de notre esprit rĂ©sidait une lĂ©gĂšre apprĂ©hension. AprĂšs tout, le MC semble nous regarder de si haut âils sont petits comme une celluleâ, quand mĂȘme quâil Ă©tait presque lĂ©gitime de penser quâil serait du genre Ă minutieusement sĂ©lectionner les magazines pour lesquels il accorderait des entrevues. En rĂ©alitĂ©, il nâen est rien. Passer une heure en compagnie dâElie Yaffa permet dâabord de comprendre le personnage Booba. Car, aprĂšs lâavoir rencontrĂ©, on peut rĂ©solument affirmer que Booba joue avec nous. Sâil est dans le rap, câest uniquement pour sâamuser, nous faire rigoler, balancer quelques bons mots et repartir avec la caisse. Ni plus, ni moins et en y rĂ©flĂ©chissant, câest dĂ©jĂ pas mal. Locomotive du rap derriĂšre laquelle tout le monde court et se compare, Booba a conscience de son statut. TiraillĂ© entre deux reprĂ©sentations extrĂȘmes â dâun cĂŽtĂ©, celle vĂ©hiculĂ©e par Thomas Ravier qui voulait absolument en faire lâĂ©crivain du XXIĂšme siĂšcle et, de lâautre, celle du rappeur bourrin et misogyne â, il doit forcĂ©ment y avoir un juste milieu. Non, Booba ne fait pas de la poĂ©sie et vous rĂ©pondra nonchalamment si vous essayez de percer le mystĂšre qui entoure ses mĂ©taphores aux sens multiples. Non, Booba nâest pas non plus le rappeur insipide quâil semble se plaire Ă interprĂ©ter parfois. Entertainer qui ne laisse rien au hasard il rĂ©pondra par la nĂ©gative lorsquâon lui demandera de le prendre en photo, simplement parce quâon ne lâavait pas prĂ©vu Ă lâavance, chef dâentreprise aux projets divers et rappeur Ă challenges, Booba sort son cinquiĂšme album solo et semble Ă©tonnamment Ă lâaise avec lâattente entourant le projet. AprĂšs tout, il est toujours le mĂȘme 500 000 albums plus tard. Abcdr Du Son Comment tu te sens avant la sortie de ce cinquiĂšme album solo ? Booba Je me sens bien. Jâai commencĂ© cet album dĂšs que Ă©tait fini. En fait, jâai pour habitude dâenchaĂźner assez rapidement entre mes albums et je ne fais jamais de pause. MalgrĂ© cela, il sâagit vraiment de deux albums diffĂ©rents. Il y a des choses que jâai continuĂ© Ă expĂ©rimenter comme lâautotune mais ça a Ă©tĂ© fait dâune autre maniĂšre. A Aujourdâhui, tu vis aux Ătats-Unis⊠B [Il coupe] Et en France. A Câest pour ça quâil y a beaucoup de rĂ©fĂ©rences Ă la culture française dans tes textes⊠B Que je sois aux Ătats-Unis ou en Afrique, je suis Français avant tout, je parle avec des Français⊠Je suis au courant de tout. Câest la mĂȘme situation que quand jâai fait de la prison. MĂȘme si jâĂ©tais enfermĂ©, jâĂ©tais au courant de tout ce qui se passait. Ăa nâest pas parce que tu pars que tu te coupes dĂ©finitivement de la France. MĂȘme si je voulais couper avec la France, je ne le pourrais pas. Je frĂ©quente des Français expatriĂ©s et je parle beaucoup avec mes potes restĂ©s en France. Câest comme si je nâavais pas quittĂ© le pays. Câest pareil avec le rap français pour lequel je continue de me tenir au courant. MĂȘme si ça ne mâintĂ©ressait pas, il faudrait que je mây intĂ©resse de toute façon. A Tu es dans le rap depuis le milieu des annĂ©es 90 et, aujourdâhui, ton album est la plus grosse sortie rap de lâannĂ©e. Comment expliques-tu cette longĂ©vitĂ© dâun cĂŽtĂ© et, de lâautre, cette absence de renouveau ? A DĂ©jĂ , je pense quâil y a beaucoup de jeunes rappeurs qui nâĂ©coutent pas de rap amĂ©ricain alors que câest quand mĂȘme la base. Ils nâont grandi quâavec du rap français et ne connaissent aucune autre musique. Pas de soul, de funk, de jazz⊠Et puis, ne pas Ă©couter du rap amĂ©ricain, câest grave quand tu fais du rap. Tu imagines un mec qui fait du reggae en France qui va boycotter le reggae jamaĂŻcain ? Câest pas possible. Pour moi, tu ne peux pas progresser si tu nâĂ©coutes pas de rap amĂ©ricain. Ce serait comme un basketteur qui joue au Paris Levallois Basket sans suivre la NBA. Quand je te dis ça, ça nâest pas parce quâon doit avoir un complexe en tant que Français. Les AmĂ©ricains se regardent entre eux aussi ! Ensuite, ceux qui ont un peu de talent souffrent du boycott subi par le rap en France. MĂȘme si des rappeurs ont pĂ©tĂ© le score dans ce pays, les portes se ferment. Les radios ne passent quasiment pas de rap. Il nây a plus dâĂ©mission spĂ©â sur Skyrock et GĂ©nĂ©rations a Ă©tĂ© rachetĂ©e par LagardĂšre. On va voir ce que ça va donner⊠Quand tu vois quâil nây a aucun moyen de percer, tu arrĂȘtes. Câest pour ça que jâessaye de donner un petit tremplin Ă certains rappeurs sur mes mixtapes Autopsie. Quand quelquâun a du talent, ça me fait plaisir de le mettre en avant. De la mĂȘme maniĂšre, tous les featurings que jâai faits Ă©taient avec des gens dont jâapprĂ©ciais la musique. En tout cas, je pense que ces raisons expliquent pourquoi câest plus dur pour les nouveaux talents aujourdâhui. A Il nây a pas de rappeurs français avec qui tu aimerais poser aujourdâhui ? B HonnĂȘtement, jâai dĂ©jĂ rappĂ© avec les plus gros. AprĂšs, il y a quelques nouveaux et, par exemple, jâai invitĂ© Dosseh sur mon album. Je serai Ă©galement sur lâalbum de Seth Gueko. Câest vrai que je nâen fais pas Ă©normĂ©ment et ça nâest pas comme aux States oĂč les featurings se multiplient. Ceci dit, il faut aussi garder Ă lâesprit que la France est un plus petit pays. A Tu es trĂšs proche des Ătats-Unis mais tu nâas jamais vraiment exprimĂ© le besoin de croiser le micro avec des rappeurs amĂ©ricains. Câest par manque dâopportunitĂ© ? B DĂ©jĂ , ça ne mâintĂ©resse pas dâexploser mon budget surtout que je ne risque pas dâavoir un featuring avec Jay-Z ou Lil Wayne. Ensuite, je rappe en français et, si je nâai pas un trĂšs gros featuring, ça ne sert Ă rien dâavoir un mec qui rappe en anglais dont les Français nâauront rien Ă foutre de ce quâil racontera. Ils prĂ©fĂšreront mâĂ©couter moi. Sâil fallait faire un featuring en anglais, je mâorienterais davantage vers des artistes R&B qui chanteraient sur le morceau. En rap pur, ça ne mâintĂ©resse pas dâavoir Raekwon. Et comme je ne suis pas prĂȘt Ă payer pour avoir Jay-Z ou Lil Wayne, ça ne se fera que sâil y a eu une rencontre et un Ă©change. A Par rapport Ă ton dĂ©veloppement, ça ne tâa jamais titillĂ© de rapper en anglais ? B Non parce que je nâen suis pas capable. Je pourrais rapper en anglais mais je nâatteindrais jamais le niveau que jâai en français. Je suis bilingue et je peux discuter en anglais avec nâimporte qui mais je ne pourrais pas dĂ©velopper les mĂȘmes mĂ©taphores. Ăa ne mâintĂ©resse pas dâĂȘtre le top du rap français et un mongol en anglais [rires]. A On peut entendre Diddy sur lâintro de Caesarâs Palace ». Comment sâest faite la connexion ? Est-ce que câest quelquâun dont le parcours tâimpressionne ? B Bien sĂ»r, câest un exemple de rĂ©ussite Ă la fois en termes de business et de musique. Il a contribuĂ© Ă crĂ©er des grands noms Mary J, Jodeci, Câest un grand entertainer. Câest quelquâun que je connais et je lâai contactĂ© tout simplement comme lui mâavait contactĂ© pour le remix de Hello Good Morning ». Je lui ai demandĂ© de faire mon intro et câĂ©tait bouclĂ© le jour mĂȘme. A Sur les derniers sons que tu as fait, on sent une vraie influence des derniers morceaux de Rick Ross ou des prods Ă©piques de DJ Toomp⊠B Je suis dans lâair du temps. Je fais partie des gens qui Ă©coutent du rap amĂ©ricain et je suis dans leur compĂ©tition. Sans ĂȘtre lĂ -bas, on est dans leur game. Par exemple, les derniers trucs que jâai kiffĂ©s doivent ĂȘtre le Waka Flocka et le dernier Soulja Boy avec Fifty, Mean mug ». Jâai trouvĂ© ce son surprenant et ça faisait longtemps quâon nâavait pas entendu Fifty comme ça. De toute façon, tu sais quel est le problĂšme de Fifty ? Attends, je parle comme si jâallais lui donner des conseils [rires]. HonnĂȘtement, jâai un cĂŽtĂ© un peu directeur artistique et je me trompe rarement sur ce qui va marcher ou pas, ce qui est susceptible de durer. En tout cas, Fifty a un souci avec le choix de ses instrus. Il nâest pas fait pour ça. Il Ă©tait dirigĂ© par sur son premier album et on a vu le rĂ©sultat musicalement. DĂšs quâil a quittĂ© Dre, ça a Ă©tĂ© plus difficile. Parce que sur un bon instru, il kicke ! Je pense quâil se repose sur ses lauriers, quâil choisit ses sons tout seul et ça claque moins quâavant. A Comment tu perçois la vague Ă©lectro qui est en train de dĂ©ferler sur le rap français ? B Je nâai rien contre lâĂ©lectro et Yuksek avait fait un remix Ă©lectro de Salades tomates oignons » qui figurait sur Autopsie Volume 3. Le tout est de bien le faire. Jâai fait Couleur Ă©bĂšne » qui Ă©tait un peu rock, des morceaux un peu plus reggae⊠AprĂšs, quand tu vas sur ces terrains, il faut faire attention parce que soit les gens vont trouver ça extraordinaire, soit ils vont te dire que câest de la merde. Jâaurais pu faire un morceau Ă©lectro si jâavais eu lâopportunitĂ© de le faire dans de bonnes conditions. Par exemple, je kiffe Sexy bitch » de Guetta et Akon. Le beat, la mĂ©lodie, les paroles⊠Le titre est mortel. Jâadorerais rapper sur un truc comme ça. A Ce qui est fou câest que beaucoup de rappeurs français crachaient sur Guetta et, maintenant que les cainris bossent avec lui, on se met Ă copier son travail⊠B Parce que le personnage de Guetta rentre en compte et, pour moi, ce mec est une arnaque. On sait quâil y a des gens qui bossent pour lui et quâil ne fait pas ses beats. Ceci dit, câest quelquâun qui a toujours sorti des gros tubes. A Sur lâalbum, il y a un titre qui sâappelle 45 Scientific »⊠B [Il coupe] Titre qui nâa absolument rien Ă voir avec le label 45 Scientific. Câest le morceau en featuring avec Dosseh qui vient du 45 [rires]. ForcĂ©ment, ça fait parler mais, quand tu Ă©coutes le morceau, tu comprends tout de suite pourquoi on lâa appelĂ© comme ça. A Tu en as marre quâon te parle toujours du passĂ© et de Lunatic ? B Non, câest normal. Câest logique aussi quâon mâen parle Ă©tant donnĂ© que jâai appelĂ© mon album Lunatic. Je lâai appelĂ© comme ça parce que jâaime ce mot et ça mâest venu naturellement. Lunatic, câest aussi un Ă©tendard, jâen suis fier et ça symbolise Ă©galement le retour en indĂ©pendant. Je ne vais plus Ă Skyrock, je ne fais plus les PlanĂšte Rap, comme Ă lâĂ©poque de Lunatic. Sauf quâaujourdâhui, je nây vais pas par choix alors quâavant on nâĂ©tait pas invitĂ©s. A Tu vas faire des tĂ©lĂ©s pour la promo de ce disque ? B Oui, je vais en faire. Je ne ferai pas Ruquier parce que je sais que je vais massacrer Zemmour si jây vais [rires]. Ăa ne vaut pas le coup. Je ne suis pas un homme politique pour lui rĂ©pondre et je sais comment ça va se passer. Il va mâĂ©nerver, je vais commencer Ă trembler, Ă bĂ©gayer, Ă avoir envie de le frapper et je vais finir par lâinsulter pour garder la face [rires]. Quâest ce que tu veux que je rĂ©ponde ? Je parle de la la chatte Ă Rama Yade », je dis Fuck la France », il va sâexciter contre moi. A Kool Shen Ă©tait passĂ© chez Ruquier et sâen Ă©tait bien sorti face Ă Zemmour. B Ouais mais je ne vais pas aller jouer au foot. Il lui a bien rĂ©pondu et alors ? Kool Shen fait de la merde. Moi je fais de la bonne musique mais je ne sais pas rĂ©pondre Ă Zemmour. Et je suis nul au foot ! [rires] A Aux Ătats-Unis, les mecs font beaucoup dâĂ©missions de tĂ©lĂ©, ils y vont pour parler de tout et de rien⊠B Mais les Ă©missions nâont rien Ă voir. Ici, les mecs ont des snipers et sont lĂ pour te massacrer. Quand tu y vas, tu as lâimpression dâassister Ă ton procĂšs. Quand aux Ătats-Unis ils sont lĂ pour faire de la promo, en France ils essayent de crĂ©er le prochain scandale impliquant un rappeur. En plus, il sâagit de personnes qui ne connaissent rien au rap contrairement aux Ătats-Unis oĂč le rap est aussi cĂŽtĂ© que le reste. Le Denisot de lĂ -bas connaĂźt trĂšs bien 50 Cent. Tout est structurĂ© et ils ne sont pas lĂ pour te mettre dans lâembarras. Tu joues ton morceau et tu rentres chez toi. En France, tout est super sĂ©rieux et tu as des intellos merdiques qui vont essayer de tâexpliquer des choses quâils ne comprennent pas eux-mĂȘmes. On va te parler de politique et de Sarkozy⊠Demande-moi plutĂŽt qui a fait le beat de la piste 8. Ils ne connaissent rien et, finalement, tu ne parles pas de musique. Le dialogue nâest pas Ă©vident et je ne vois pas ce que je vais dire Ă Zemmour. Il commence en te disant quâil dĂ©teste le rap et quâil nâen Ă©coute pas. Il ne peut pas comprendre ce que je fais et câest perdu dâavance. Pour quâil mâĂ©coute, il faudrait que moi, rappeur, je fasse un album oĂč il nây a pas du tout de rap. Ăa peut mâarriver de temps en temps mais pas sur un disque entier. Câest ce qui sâest passĂ© avec le morceau Comme une Ă©toile ». On mâa fait Ă©couter des sons super rap et, Ă la fin, il mâa fait Ă©couter le beat par hasard en me disant quâil nây avait quâun piano et que je ne kifferais pas. Finalement, câest le seul beat que jâai kiffĂ©. Je ne pouvais pas rapper lĂ -dessus donc jâai dĂ©cidĂ© de chanter. Il faut savoir que jâattache beaucoup dâimportance aux mĂ©lodies et jâai toujours Ă©crit les refrains des chanteurs et chanteuses R&B avec qui jâai collaborĂ©s. Je nâĂ©tais pas capable de les chanter moi-mĂȘme et, aujourdâhui, lâautotune me permet de me dĂ©doubler en chanteur. Le morceau est construit de maniĂšre un peu bizarre parce quâil y a quand mĂȘme un couplet rappĂ© au dĂ©but mais, selon moi, il a le potentiel dâun single. A En ce moment, on est dans une grande pĂ©riode de crossover et les featurings les plus improbables sont en train de se rĂ©aliser [Il mentionne le nom de Justin Bieber en rigolant ]. On sait quâil y a des chanteurs comme Benjamin Biolay qui apprĂ©cient ce que tu fais. Tu nâas jamais eu envie de tenter quelque chose avec des gens de la variĂ©tĂ© ? B Justin Bieber reste dans lâunivers R&B/rap alors que je me vois mal collaborer avec Francis Cabrel [rires]. Je nâai rien contre lui mais ce sera dur Ă faire. Les crossover qui se font aux Etats-Unis restent dans des univers assez proches. Snoop/Katy Perry, câest de la pop mais tu peux rapper sur un beat comme ça. Je ne suis pas contre mais il nây a pas ça en France. Par contre, jâaime bien Superbus. Le peu que jâai entendu mâa plu. Je ne serais pas contre lâidĂ©e de bosser avec un groupe comme ça. La bonne musique reste de la bonne musique et jâĂ©coute de tout sans me fermer Ă quoi que ce soit. Je mâen fous du genre musical tant que câest une bonne chanson. A Sur lâalbum, tu dis Jâai criĂ© Lunatic, jâai fait de la musique ». Ăa tâarrive de regarder cette pĂ©riode avec un peu de nostalgie ? B Pas du tout. Quand je regarde 45 Scientific aujourdâhui, je suis content dâĂȘtre lĂ oĂč je suis [sourire]. Je ne crache pas sur cette Ă©poque parce quâelle a Ă©tĂ© trĂšs formatrice mais ça nâĂ©tait pas mieux avant. Câest mieux maintenant ! A Le duo que tu avais avec Ali ne te manque pas ? B Jâaimais bien le cĂŽtĂ© duo. DĂ©jĂ , ça faisait deux fois moins de travail [rires]. CâĂ©tait cool et ça enlevait un peu de pression. Tout Ă©tait divisĂ© en deux⊠Lâargent aussi [sourire]. Mais jâaimais bien le groupe et je nâai jamais voulu rapper en solo. Câest venu bien aprĂšs. AprĂšs, il peut y avoir des divergences artistiques, tu dois faire trop de concessions⊠Je vis avec mon temps et je voulais rapper sur des beats dirty et ça nâĂ©tait pas forcĂ©ment sa volontĂ©. Je ne pouvais pas rester dans cet Ă©tat de frustration surtout si tu es persuadĂ© que câest ce quâil faut faire et, apparemment, je ne me suis pas trompĂ©. A Je ne sais pas si tu as Ă©coutĂ© le morceau rĂ©alisĂ© par Eklips dans lequel il vous a imitĂ©. Lâimitation nâĂ©tait pas parfaite et, pourtant, ça a Ă©normĂ©ment fait parler la toile⊠B Jâai trouvĂ© que câĂ©tait bien fait. La preuve des gens qui me connaissent et qui savent que je nâavais rien fait avec Ali se sont quand mĂȘme sentis obligĂ©s de me poser la question pour savoir si câĂ©tait vrai ou pas. La rĂ©action des gens signifie quâon a marquĂ© le rap français et quâils attendent quelque chose. Lâhistoire Lunatic sâest arrĂȘtĂ©e subitement, pas comme la plupart des autres groupes. On sâest sĂ©parĂ©s aprĂšs avoir sorti un seul album qui a fait disque dâor. On Ă©tait en plein succĂšs. A Hormis Mala et Bramâs qui sont autour de toi, on a lâimpression que tu es trĂšs seul aujourdâhui. B Jâai mes potes mais jâai toujours Ă©tĂ© un solitaire. Je ne cherche pas Ă me faire de nouveaux amis pour traĂźner dans de nouveaux endroits⊠On ne me voit pas. A Tu rappes depuis une quinzaine dâannĂ©es et comment rĂ©ussis-tu Ă surprendre encore lâauditeur sur un morceau ? B En fait, je suis mon premier auditeur. Je me dĂ©double et je mâĂ©coute moi-mĂȘme. Est-ce que câest du bon B2O ? » Je peux me tromper mais, en tout cas, je prends beaucoup de recul. Je mĂ»ris Ă©normĂ©ment les choses avant dâenregistrer. A Tu réécoutes tes albums une fois quâils sont terminĂ©s ? B Non. Je les Ă©coute beaucoup quand je suis en train de les faire mais, justement, jâen ai marre une fois quâils sont sortis. AprĂšs, je suis dans autre chose. Par exemple, Lunatic est bouclĂ© et jâai dĂ©jĂ des nouveaux sons. Dans mon esprit, Lunatic est terminĂ© et ça fait dĂ©jĂ deux ans que je lâai commencĂ©. A Ton dernier album, câest toujours ton album prĂ©fĂ©rĂ© ? B Je ne sais pas⊠Ils sont tous diffĂ©rents et reprĂ©sentatifs de ce que je voulais faire Ă une Ă©poque. Il y en a qui sont plus complets que dâautres mais il y a toujours des morceaux que jâaime beaucoup dessus. Par contre, si devais sortir un ou deux morceaux, je dirais sĂ»rement Garcimore » et Double Poney » qui, Ă la base, sont sur des mixtapes et non sur des albums. Il y en a plein dâautres mais, en concert, je pourrais jouer ces titres dix fois de suite. A On a le sentiment que, plus le temps passe, et plus tu te dĂ©couvres un peu. Câest le cas sur le morceau Killer ». B Jâaurais pu le faire avant mais je nâen ai pas eu la volontĂ©. Quand je fais un album, je ne suis pas comme certaines personnes qui font des rĂ©unions pour rĂ©flĂ©chir sur lâĂ©tat de la sociĂ©tĂ© et les sujets Ă aborder⊠Je cherche uniquement Ă me faire plaisir et Ă dĂ©lirer. Je me dĂ©foule. Je ne pense Ă rien. Je ne me suis pas dit que câĂ©tait lâalbum de la maturitĂ© et que jâallais me livrer. Il nây a que sur le morceau Lunatic » ou, compte tenu du titre, je ne pouvais pas me contenter dâenchaĂźner les punchlines mais je me devais de parler de Lunatic. Ăa mâa fait dĂ©lirer de faire Killerâ mais ça nâĂ©tait pas dans le but de me livrer. Le son mâa inspirĂ© et jâai eu envie de le faire, câest tout. A MĂȘme dans le reste de lâalbum, au dĂ©tour de certains morceaux, il y a des phrases plus personnelles⊠B Il y en avait aussi sur les autres albums. Jâai souvent parlĂ© de ma mĂšre par exemple. AprĂšs, il se peut quâil y en ait plus sur Lunatic mais ça nâĂ©tait pas voulu en tout cas. Ceci dit, câest vrai que je nâavais jamais fait un morceau comme Killer ». Jâavais dĂ©jĂ parlĂ© rapidement de relations avec les femmes mais lĂ il sâagit vraiment dâune histoire. A Lâindustrie du disque est en dĂ©clin et on voit que de plus en plus de gros vendeurs jouent Ă©normĂ©ment sur le live. Est-ce que tu te vois un avenir dans le live ou tu restes focalisĂ© sur le disque ? B Pour moi, le live ne va pas sans la sortie dâun album. Je ne suis pas les Rolling Stones qui vont parler Ă tout le monde, sortir un album et remplir des stades dix ans aprĂšs. Je nâen suis pas capable. Quand je vois NTM qui fait Bercy alors quâils nâont mĂȘme pas sorti un morceau ensemble depuis dix ans, je trouve ça ridicule. Câest se foutre de la gueule du monde. Je vois mon avenir dans les concerts mais sans arrĂȘter de produire de la musique. Maintenant, si je peux arrĂȘter de rapper et remplir des stades dans dix ans, je le fais [rires]. A Aujourdâhui, tu vas avoir cinq albums solos, tu as de la matiĂšre, des morceaux qui parlent Ă plusieurs gĂ©nĂ©rations, tu pourrais faire quelque chose comme Jay-Z avec des musiciens⊠B Oui, jâaime bien la scĂšne et jâai envie de faire des vrais shows. AprĂšs, je nâaime pas trop la sonoritĂ© acoustique. Les concerts jouĂ©s intĂ©gralement en acoustique changent trop le son initial. Jâaime le son tel quâil est sur CD et câest pour ça que jâapprĂ©cie ĂȘtre accompagnĂ© dâun DJ. A Tu trouves que le support disque » est encore dâactualitĂ© ? B MĂȘme si on vend moins quâavant, on sây retrouve. Câest dur mais on vend encore. De toute façon, les supports changent et peut-ĂȘtre quâil nây aura que iTunes dans quelques temps et que ce sera vraiment sĂ©curisĂ©. Ăa ne tient Ă rien. Il suffit quâils arrivent Ă bloquer les tĂ©lĂ©chargements illĂ©gaux et tu passeras de 100 000 Ă 1 million dâalbums vendus. Je ne suis pas trop pessimiste. Câest vrai que câest dur mais ça Ă©vince plein de gens. Il nây a plus de place Ă lâimposture et si tu es moyen, câest chaud pour toi. A Câest vrai que câest dur si on regarde quelquâun comme Despo dont lâalbum Ă©tait attendu depuis plusieurs annĂ©es et qui a fait des ventes dĂ©cevantes⊠B Câest normal parce quâil nâavait pas de singles sur son album. Il faut aussi vivre avec son Ă©poque et la musique a Ă©voluĂ©. Tu ne peux pas avoir tout un album sombre sur lequel tu dis plein de trucs hardcores. Câest aussi de la musique et il faut conserver le cĂŽtĂ© entertainment. Câest important de sâamuser. A Tu trouves que câest ce qui manque au rap français ? B Grave. Ils ne pensent pas aux punchlines et plein de mecs passent leurs temps Ă pleurer. Ils essayent de refaire le monde, se prennent pour des hommes politiques⊠Il faut aussi faire sourire les gens. Quand jâĂ©coute Waka Flocka, je kiffe. Ăa ne mâintĂ©resse pas dâentendre parler de Sarkozy, dâautant plus que ce sont des combats dĂ©jĂ jouĂ©s, que câest has-been et que ça ne va rien changer. Fais des punchlines et choisis des bons beats. A En mĂȘme temps, tu as toujours parlĂ© de la condition des Noirs, de lâesclavage⊠B [Il coupe] Mais sans que ce soit pesant. Câest pour ça que je ne cherche pas Ă faire trop de thĂšmes sur une musique qui va te plomber le cerveau⊠DĂ©jĂ , ça me ferait chier dâĂ©crire tout le temps lĂ -dessus. Je prĂ©fĂšre Ă©crire une punchline particuliĂšrement forte qui veut dire plein de choses Ă la fois. Quand je dis Va dire au chauffeur que je pose mon cul oĂč je veux comme Rosa Parks », ça me semble suffisant. Je prĂ©fĂšre ça quâĂ©crire 100 rimes qui vont faire chier tout le monde. A Tu dis souvent que tu Ă©cris beaucoup en voiture. Tu Ă©cris tes punchlines Ă la suite et lâenchaĂźnement forme des couplets ou ça te vient machinalement ? B JâĂ©cris souvent des petits bouts mais, en tout cas, jâai toujours quelques cartouches de punchlines de cĂŽtĂ©. Ce sont mes munitions. Je peux les sortir deux ans plus tard il y en a toujours en stock. Parfois, je suis inspirĂ© et je vais Ă©crire un couplet entier voire un morceau mais câest plus rare. Quand un beat me parle vraiment, lâĂ©criture va ĂȘtre rapide. A Par rapport aux producteurs, tu fais de nouvelles rencontres sur chaque album. B Câest aussi de ça dont je parlais quand je disais quâil fallait vivre avec son temps. Il ne faut pas rester bloquer dans le passĂ©. Je nâaime pas Lil Wayne, le vrai rap câest le Wu-Tang. » Aujourdâhui, je ne vais pas aller demander un beat Ă DJ Premier. Je le respecte mais câest une autre Ă©poque. Je peux comprendre quâon se fasse un kiff en lui demandant un beat mais, en tout cas, câest pas le morceau qui sera jouĂ© en club. A Tu as contribuĂ© Ă faire dĂ©couvrir de nouveaux producteurs. Ăa a Ă©tĂ© le cas avec Skread dâailleurs⊠B [Il coupe] qui a fait des sons pour Diamâs aprĂšs, ça mâa déçu, vraiment déçu [rires]. En rĂ©alitĂ©, je nâen ai rien Ă foutre et chacun fait ce quâil veut. Je ne mâattribue mĂȘme pas la paternitĂ© de sa dĂ©couverte et il aurait pu ĂȘtre dĂ©couvert deux mois aprĂšs par Rohff ou un autre. Par contre, ça mâintĂ©resse de regarder si les mecs tiennent la route aprĂšs. En ce qui concerne Skread, il a fait des choses avec Nessbeal, Diamâs, Orelsan⊠Il nây a plus vraiment dâidentitĂ©. Mais je ne lui reproche pas, il faut manger [sourire]. A Tu as suivi tout le dĂ©lire autour de la B2Ologie ? MĂȘme si câest poussĂ© Ă lâextrĂȘme, ça traduit aussi le fait que certaines personnes se sont vraiment pris la tĂȘte sur tes lyrics. On a lâimpression quâil y a un gros dĂ©calage entre ce que peuvent ressentir les gens et ton dĂ©tachement par rapport Ă ton Ă©criture. Tu as souvent eu tendance Ă minimiser la complexitĂ© que certains pouvaient trouver dans tes textes⊠B Pour moi, câest naturel. Câest moi qui Ă©cris et ça sort de mon cerveau. AprĂšs, je pense que les gens se prennent la tĂȘte dans le bon sens. Ceux qui comprennent apprĂ©cient vraiment. Concernant la B2Ologie, câest un mec qui sâest tapĂ© un dĂ©lire, câest tout. Je ne sais pas trop quoi en penser hormis quâil sâagissait dâun sketch. CâĂ©tait assez flagrant quâil sâagissait dâune blague. Sâil avait poussĂ© le dĂ©lire dans la durĂ©e, je nâaurais pas su quoi dire. A Ăa ne te dĂ©range pas quâon dĂ©tourne ton image ? B Je trouve ça marrant et, en lâoccurrence, câĂ©tait un clin dâĆil sympa. Le mec Ă©tait tellement space et il y avait un tel dĂ©calage entre son look et le mien que câĂ©tait plutĂŽt drĂŽle. A On avait fait un top 100 rap français et il y avait 17 morceaux sur lesquels tu apparaissais qui figuraient dans le classement. Comment tu expliques lâimpact que tu as pu avoir sur plusieurs gĂ©nĂ©rations ? B Je pense que câest dĂ» Ă mon travail. Je nâĂ©cris jamais Ă lâarrache et, en gĂ©nĂ©ral, je pense que mes morceaux vieillissent bien. A chaque Ă©poque, il y a eu des morceaux marquants. Je disais dans le clash contre Sinik quâil nâavait aucun classique. Il a peut-ĂȘtre fait des bons morceaux mais il nây a pas un morceau de Sinik que les gens sont capables de ressortir. Il nâa pas de classiques comme je peux en avoir, comme Kery James peut en avoir, comme Oxmo mĂȘme si ça fait un peu plus longtemps, comme la FF⊠Je pense quâil y en a eu autant dans le top 100 parce quâon a toujours fait au mieux. A Finalement, tu fais partie des rappeurs français qui ont la plus grande longĂ©vitĂ©. Est-ce que tu te vois rapper dans dix ans ? B JusquâĂ lâannĂ©e derniĂšre, je ne me voyais pas rapper trop tard mais depuis que jâai vu Jay-Z rĂ©ussir Ă ĂȘtre numĂ©ro 1 au top Ă 40 ans et Ă rĂ©unir aussi bien des anciens que des jeunes, je me dis que câest possible. Je nây croyais pas parce que les Public Enemy, Gang Starr, KRS-One ou Rakim sont dĂ©passĂ©s aujourdâhui. En voyant Jay-Z Ă©voluer, jây crois davantage. MalgrĂ© tout, je pense quâil y a tout de mĂȘme une limite dâĂąge dans le rap⊠Enfin, on verra, peut-ĂȘtre que Jay-Z prendra encore le micro Ă cinquante ans. Câest la mĂȘme chose que pour les acteurs. Parfois, tu as lâimpression quâils sont morts mais tu vas avoir un Clint Eastwood ridĂ© qui va faire un film mortel. A Tu nâas pas encore commencĂ© Ă rĂ©flĂ©chir Ă ta reconversion ? B Je prĂ©pare ma reconversion depuis longtemps. Jâessaye de faire plein de choses comme avec ma marque de vĂȘtements. Je nâai jamais considĂ©rĂ© que le rap Ă©tait toute ma vie et, gĂ©nĂ©ralement, ceux qui pensent comme ça finissent mal. Si câest pour finir comme Raekwon qui est obligĂ© de revenir en Europe et de faire des concerts perdus en Allemagne⊠[rires] Je pense aussi Ă la production mais, pour le moment, Ănkut marche bien et a une bonne Ă©volution. Jâai la mĂȘme logique avec les vĂȘtements quâavec la musique et je cherche Ă vivre avec mon temps. Je ne pense pas uniquement Ă la France puisquâon est assez prĂ©sent en Europe, dans les DOM-TOM, on va rentrer au Canada⊠Et pourquoi pas les Ătats-Unis, le Japon. Il nây a pas la barriĂšre de la langue. Sâil nây avait quâun seul langage, je ferais des concerts sur la planĂšte entiĂšre. Câest ce qui se passe avec les vĂȘtements. A Tu es uniquement le boss dâĂnkut oĂč tu participes Ă©galement au choix des collections ? B Jâai des associĂ©s mais je mâoccupe surtout du stylisme. Je ne prends pas toutes les dĂ©cisions mais je regarde les derniĂšres tendances de couleurs, lâĂ©mergence de nouvelles marques, les nouvelles matiĂšres⊠Câest la mĂȘme chose dans la musique. Si tu veux durer, tu dois tâadapter aux nouvelles Ă©volutions. Câest pareil en Formule 1 si tu veux continuer Ă gagner, tu dois avoir le meilleur moteur et les nouvelles technologies. Câest logique et, Ă partir du moment oĂč tu es dans un domaine crĂ©atif, tu ne peux pas te fermer Ă ce qui est nouveau sinon tu risques de mourir. A Le clip de Caesarâs Palace » a un cĂŽtĂ© cinĂ©matographique assez poussĂ©. Câest quelque chose qui tâintĂ©resse le cinĂ©ma ? B Oui et, dâailleurs, jâai dĂ©jĂ eu des propositions sans que ce soit pour des rĂŽles forcĂ©ment intĂ©ressants. Câest en projet et il y a des choses Ă la fois en France et aux Etats-Unis mais, pour le moment, je ne mâexcite pas trop et je ne suis pas non plus en recherche Ă essayer de faire des castings tout le temps. Jâai des agents et on verra ce que ça donnera et ce quâon me proposera. Par exemple, on mâavait proposĂ© de jouer un vieux macro dans Le Mac oĂč je devais insulter JosĂ© Garcia de sale blanc » et lui mettre des claques dans la gueule pour lui apprendre Ă ĂȘtre un dur, tout ça avec un pantalon en cuir et des santiags⊠Ăa va aller [sourire]. Jâai trouvĂ© pas mal du tout ce quâa fait Diddy dans American Trip dans lequel il sâauto-parodie. Câest quelquâun de trĂšs cool et qui sait sâamuser. Autant il va ĂȘtre dur en business, autant il saura sâamuser en soirĂ©e. A Tu avais citĂ© Marlo Stanfield et Stringer Bell sur Izi Monnaie ». The Wire est un show que tu as suivi ? [NDLR ATTENTION AUX SPOILERS] B Je suis en train de me remettre toutes les saisons. Câest un truc de fou. Jamais une sĂ©rie ne mâa fait cet effet. Dans un autre genre, on mâa parlĂ© de Breaking Bad ». Il paraĂźt que câest diffĂ©rent mais tout autant rĂ©ussi. En tout cas, câest incroyable de voir lâeffet de The Wire » sur les gens. La derniĂšre fois, jâĂ©tais dans lâavion et je me dirigeais vers le tournage de Caesarâs Palaceâ. Il y avait un amĂ©ricain Ă cĂŽtĂ© de moi et, quand jâai allumĂ© mon Mac, il a vu que jâavais une photo de The Wire » en fond dâĂ©cran. Il sâagissait dâun blanc, joueur de poker qui nâavait pas grand chose Ă voir avec moi. DĂšs quâil a vu la photo, il sâest complĂštement excitĂ© et a commencĂ© Ă me parler du show ! La sĂ©rie nâest pas aussi populaire que dâautres mais quand tu la connais, tu es Ă fond dedans. Câest comme mes paroles une fois que tu les as comprises, tu ne peux plus tâen passer [rires]. A Quelle est ta saison prĂ©fĂ©rĂ©e ? B Jâai trouvĂ© la saison 4 et les petits complĂštement dingues. Lâensemble de la sĂ©rie est fou mais celle-ci mâa vraiment choquĂ©. A Et ton personnage prĂ©fĂ©rĂ© ? B [Sans hĂ©sitation] Omar. Tu te rends compte de ce que les scĂ©naristes ont rĂ©ussi Ă faire ? La premiĂšre fois que tu le vois, tu te demandes quelle est cette espĂšce de crapule homosexuelle, tâas envie de le dĂ©tester⊠et aprĂšs, tu ne peux que tâincliner. De toute façon tous les personnages sont trĂšs bien construits hormis celui de Method Man que jâai trouvĂ© pourri. Il surjoue beaucoup trop et contraste avec le reste du show qui est trĂšs ancrĂ© dans la rĂ©alitĂ©. Il nâest pas crĂ©dible. Alors quâOmar⊠Quand il est mort, jâai dĂ» arrĂȘter lâĂ©pisode et faire un break [rires]. Quand tu vois que câest le petit qui le tue en plus⊠Je nâai pas pu continuer. Dâautant plus, quâOmar est une sorte de Robin des Bois qui est vraiment juste. Il ne sâen prend quâaux pourris comme lui et jamais aux citoyens. Alors, le voir mourir comme ça, ça mâa Ă©nervĂ© ! Ca arrive de maniĂšre brutale en plus mĂȘme si ça sentait le roussi. Normalement, Omar est toujours en train de se cacher avec son mec, il nâest jamais Ă dĂ©couvert, il est trĂšs minutieux⊠Dans la saison 5, il est presque suicidaire et sâexpose beaucoup plus. Il savait que câĂ©tait la fin. Elle est grave cette sĂ©rie. Il y a dâautres sĂ©ries comme The Shield » et Oz » que jâai trouve trĂšs bien mais ça reste en-dessous de The Wire ». MĂȘme si Oz » sâapproche de la rĂ©alitĂ©, il y a un cĂŽtĂ© fictif que tu nâas pas dans The Wire ». Je regarde beaucoup les reportages amĂ©ricains sur les enquĂȘtes criminelles et je pense toujours Ă The Wire ». Ce qui est trĂšs bien fait câest que cette sĂ©rie reflĂšte la sociĂ©tĂ©. Il nây a ni bons ni mĂ©chants et les scĂ©naristes ont vraiment rĂ©alisĂ© un gros travail. Par contre, câest long Ă regarder ! Il te faut bien 2-3 mois pour regarder lâensemble. A Câest quoi ce truc avec Star Wars dans tes morceaux ? B [rires] Star Wars, pour moi, câest une philosophie. Câest mon film prĂ©fĂ©rĂ©. Il y a tous les Ă©lĂ©ments de la vie, de la pensĂ©e, de la psychologie, tout ce que tu veux. Le bien, le mal, le cĂŽtĂ© obscur, la Force⊠Le contrĂŽle de soi, lâambition, il y a tout dans ce film. Lâamour, lâamitiĂ©, la discipline. Yoda, Han Solo, Dark Vador, lâEmpire, Obi Wan Kenobi⊠Tu peux partir en couilles ou bien devenir un Jedi. Tu peux mĂȘme ĂȘtre un Jedi, ĂȘtre du cĂŽtĂ© obscur ou du bon cĂŽtĂ©. Je trouve quâil est parfait, ce film. A Mais tu lâas dĂ©couvert rĂ©cemment ? Parce que depuis deux, trois ans, tâarrĂȘtes pas de faire des phases dessus⊠B Nan, jâai vu le film quand il est sorti, Ă lâĂ©poque. Mais câest Ă cause de Yoda je crois que jâai commencĂ© par faire une phase en rappant Ă lâenvers comme lui, et aprĂšs jâai plus arrĂȘtĂ©. A Câest Yoda ton personnage prĂ©fĂ©rĂ© ? B Câest le meilleur. Câest la Force, peu importe lâapparence. Et puis mĂȘme, tout le mĂ©tissage, le mĂ©lange⊠Les mecs ils sont de toutes les races, il y a des noirs, des verts, des Jedi des toutes les couleurs. Mais Yoda, câest le plus fort le contraste entre sa taille, sa gueule⊠Il est super sage, mais quand il part en couilles, il massacre tout le monde. Je lâai mĂȘme tatouĂ© sur ma main. A Câest quoi ton Ă©pisode prĂ©fĂ©rĂ© de la saga ? B [il cherche] Jâai pas aimĂ© les Ă©pisodes 1, 2 et 3. Les nouveaux lĂ . Le troisiĂšme, ça va encore mais bon, câest trop Walt Disney. Câest moins sĂ©rieux que les autres. Donc je sais pas, je dirais le IV et VI⊠A Tâas pas kiffĂ© LâEmpire Contre Attaque ? B Si, je mettrais les trois, mais Ă choisir, câest celui que jâaime le moins, mais qui est mortel aussi. En fait, celui-lĂ , câest une transition, il finit pas. Faut attendre la suite. Le IV a une fin, le VI a une fin, mais pas vraiment dans LâEmpire Contre Attaque. A lui tout seul, il voudrait pas dire grand-chose. Mais jâaime les trois hein. Et puis le sabre laser, câest mon rĂȘve de gamin. Si jâavais pu avoir une chose, ça aurait Ă©tĂ© un sabre laser. Jâaurais tout donnĂ© pour avoir un sabre laser. Ăa me fascine ! Ils me rendent ouf ces trucs. A Bon ben ça te fait un point commun avec IAM⊠B Ouais, sauf que je rappe mieux quâeux. [rires] A Tu es sur Twitter ? B Jâai un compte mais, Ă la base, je fonctionne un petit peu Ă lâinverse de twitter. Câest Ă dire que je nâai pas envie quâon sache tout le temps ce que je fais. Lâultra-prĂ©sence des gens comme Kanye est due au fait quâil sont payĂ©s. Si tu me payes, moi aussi je te dis ce que je fais [rires]. Quand Kim Kardashian dit quâelle est en train de se maquiller avec la nouvelle crĂšme X, elle empoche du cash. Câest pour lâoseille quâils sont dessus. En France, câest trop petit pour avoir ça et, de toute façon, on nâest pas assez dans lâentertainment. A Tu es un des seuls rappeurs français qui parvient Ă toucher un public assez large et des couches sociales diffĂ©rentes. Comment expliques-tu ça ? B Câest une question dâĂ©criture. Je parle de choses de mon Ăąge tout en gardant un cĂŽtĂ© frais. Ce qui fait que des gens de 20 piges vont apprĂ©cier lâesprit. Moi, je ne calcule pas pour qui je rappe. Comme je le disais dans un ancien texte, je ne rappe pas pour les petits. Je parle de lâhomme que je suis Ă lâĂąge que jâai au moment oĂč jâĂ©cris. MalgrĂ© ça, ça peut parler Ă tout le monde. Câest comme un film qui est bien fait et qui peut parler Ă tout le monde. Avant de voir Avatar, je pensais que ce serait un peu de la branlette. Je lâai vu et jâai kiffĂ© ! Lâhistoire est archi-classique mais câest tellement bien fait que le petit de dix ans et le mĂ©decin de cinquante ans en prennent tous les deux plein la gueule. Câest ce qui est le plus dur Ă faire. A On avait aussi une question sur Rosa Acosta⊠B Je croyais que tâallais me parler de Rosa Parks ! [rires] A Comment est-ce que tu lâas contactĂ©e ? Et comment est venue lâimagerie un peu GTA ? B Je lâavais vue dans dâautres clips et je trouve quâelle se diffĂ©rencie des autres tout en restant assez discrĂšte. Elle a fait plusieurs clips sans que tu te dises Oh, encore elle ». Pourtant, on lâa remarquĂ©e. On mâa dĂ©jĂ fait la remarque concernant GTA mais ça nâĂ©tait pas voulu du tout. Si je suis habillĂ© en rouge, câest parce que câest ma couleur prĂ©fĂ©rĂ©e. Il nây a pas vraiment eu dâinfluence. Certains mâont parlĂ© de Casino mais, compte tenu du titre du morceau, tu penses tout de suite Ă Las Vegas et Ă son dĂ©sert. A partir de lĂ , tu penses Ă enterrer un mec dedans⊠Bon, on ne lâa pas enterrĂ© mais brĂ»lĂ© [rires]. CâĂ©tait une histoire simple. Jâaime beaucoup travailler avec Chris Macari. DĂ©jĂ , câest quelquâun dont jâapprĂ©cie le travail depuis longtemps et câest un indĂ©pendant qui connaĂźt la culture rap. Câest devenu un pote et, mĂȘme sans budget, il est capable de te faire des miracles. A Comment as-tu vĂ©cu ta pĂ©riode en major ? B Jâestime simplement que je suis capable de faire tout seul tout ce quâils faisaient. Je pensais vraiment que les maisons de disques avaient du pouvoir et quâelles pouvaient faire en sorte que tu sois jouĂ© sur de grosses radios. Câest pas le cas. Finalement, je suis bien tout seul et je gagne plus dâoseille [rires].
Les principaux spĂ©cialistes ne sây Ă©taient pas trompĂ©s. ULTRA» de B20 sera bien son dernier album. DĂ©jĂ avec 5G », il annonçait la couleur dâoffice Qui va mâarrĂȘter ? Peut ĂȘtre la 5G ». Dans ses albums prĂ©cĂ©dents avec 3G », et 4G », il disait tout le contraire Sombre Ratpis jusquâĂ Alger, qui va mâarrĂȘter ? Pas la 4G ». En ce moment, le nouveau tube de Booba inspirĂ© de Barbie Girl » et baptisĂ© Ratpi World » caracole en tĂȘte des charts, et confirme encore une fois sa force de frappe. Tous ces indices avaient dĂ©jĂ fait entendre aux plus avertis que Ultra serait le dernier album de Booba câest fait ! LIRE AUSSI [International] Booba aura finalement son planĂšte rap 19 ans aprĂšs la sortie de Temps Mort », aprĂšs une carriĂšre jalonnĂ©e de clash, de rĂ©ussites, dâengagements politiques et artistiques, le rappeur du 92i, fait une annonce historique Câest le dixiĂšme. Câest le dernier⊠ULTRA disponible en prĂ©commande et en Ă©dition limitĂ©e jeudi Ă 18h » assure-t-il en dĂ©voilant en mĂȘme temps la cover du projet, une cover Ă la hauteur du dixiĂšme et dernier album ! Lâalbum sortira en digital le 5 Mars.
Culture Par SĂ©bastien Badibanga 29 mars 2015 Pour ne rien manquer de l'actualitĂ©, inscrivez-vous Ă la newsletter depuis ce lien Recevez du contenu exclusif, de l'actualitĂ©, des codes promos Nofi Store ainsi que notre actualitĂ© Ă©venementielle chaque week-end ! Lâancien MC reconverti avec brio dans le cinĂ©ma exhorte le rappeur Booba Ă ârĂ©viser ses classiquesâ. Le Duc de Boulogne avait osĂ© dire que personne ne se souvenait des punchlines de son aĂźnĂ©. Le conflit des gĂ©nĂ©rations dans le rap français ne sâarrĂȘtera donc jamais⊠âRĂ©vise tes classiques mon amiâ. VoilĂ la rĂ©ponse sĂ©vĂšre de JoeyStarr Ă Booba. Tout est parti dâune phrase assassine du Duc de Boulogne prononcĂ©e lors de son interview accordĂ©e au magazine Les Inrocks dont il a fait la couverture. Pour B2O, personne ne se souviendrait des punchlines textes qui cognent de JoeyStarr. LancĂ© dans un rĂ©quisitoire plus global du rap français, en particulier des groupes des annĂ©es 90 comme NTM et IAM, Booba semble minimiser lâhĂ©ritage de ses aĂźnĂ©s. âA lâ Ă©poque ça marchait mais en vĂ©ritĂ© lyricalement ça puait. Pour lâĂ©poque, câĂ©tait bien mais aujourdâhui personne nâest capable de ressortir une punchline de JoeyStarr. A part La plus bonne de tes copines extrait de âLa fiĂšvreâ et encore ce nâest pas une punchlineâ, dit-il. Rappelons lâune des punchlines fracassantes de lâancien membre du groupe Lunatic entendue dans son morceau âRepose en paixâ extrait de son premier album solo âTemps mortâ âNTM, IAM, câest de lâantiquitĂ© !â. NTM et IAM, la base du rap français âSi aujourdâhui, faire un morceau c est juste mettre des punchlines, ce nâest plus de la musique. Il faut distinguer le rap game, et Booba est lĂ -dedans, et ce truc qui a quelque chose Ă voir avec la musique quâon appelle le rapâ, a dĂ©clarĂ© JoeyStarr Ă lâAFP. Et dâajouter âJe vais avoir 50 ans dans deux ans, alors quand jâentends des prĂ©-pubĂšres qui parlent de leur bâŠ, de leurs baskets et de leurs cheveux, ça me parle pas trop, je prĂ©fĂšre revenir Ă mes classiques et avoir lâair dâun vieux con.â SĂ»r de ses forces, Didier Morville de son vrai nom fait preuve dâhumilitĂ© en maĂźtrisant ses nerfs. En effet, il aurait pu sâemporter en rappelant que son ancien groupe de rap avec son acolyte de lâĂ©poque Kool Shen a marquĂ© toute une gĂ©nĂ©ration de fans. Pour preuve, lâalbum âSuprĂȘme NTMâ, trĂšs gros succĂšs commercial, est considĂ©rĂ© par les spĂ©cialistes comme une perle rare. âEn 1998 est paru SuprĂȘme NTM, quatriĂšme et dernier opus du groupe, le classique suprĂȘme, sans doute le plus grand album de rap français avec LâĂcole du micro dâargent dâIAM. Ă cette Ă©poque, Skyrock Ă©tait entrĂ© de plain-pied dans le format rap, et câest un album que nous avons beaucoup jouĂ©, contribuant ainsi Ă son Ă©norme succĂšs commercialâ, confie Laurent Bouneau, directeur des programmes de la radio Skyrock. Booba, jaloux de JoeyStarr et Akhenaton ? Et de prĂ©ciser âJoeySÂtarr est, on peut le dire, la plus grande star du rap français. Certains disent que Booba aujourdâÂhui a pris la relĂšve mais, pour moi, Joey est bien au-dessus.â A en croire le Duc de Boulogne, le rap français aurait commencĂ© avec son arrivĂ©e dans le game. Comme si, avant lui, cette musique urbaine nâexistait pas en France. Alors, B2O aurait-il la grosse tĂȘte ? Par ailleurs, Akhenaton, leader du mythique groupe IAM 25 ans de carriĂšre, nâa lui non plus rien Ă envier au propriĂ©taire du label indĂ©pendant Tallac Records. La preuve Ă 46 ans, le rappeur fait office de rĂ©fĂ©rence dans le domaine avec notamment cinq albums personnels, une Victoire de la Musique pour son dernier opus âJe suis en vieâ ainsi que la reconnaissance de ses pairs. Et pas plus tard que vendredi 27 mars, le collectif marseillais sâest produit Ă la GaĂźtĂ© lyrique de Paris. Voir Booba manquer de respect Ă NTM et IAM, câest comme si Gradur se mettait Ă donner de leçons de rap au Duc de BoulogneâŠ
CrĂ©teil AFP - La garde Ă vue des rappeurs Booba et Kaaris a Ă©tĂ© prolongĂ©e jeudi, au lendemain d'une rixe Ă l'aĂ©roport d'Orly qui illustre une guerre d'egos dĂ©passant une nouvelle fois le cadre des frĂ©quents "clashs" sur les rĂ©seaux sociaux. La star du rap français, 41 ans, et son ex-poulain, 38 ans, vont passer une deuxiĂšme nuit en garde Ă vue dans les locaux de la Police aux frontiĂšres PAF, avec une dizaine de leurs proches ayant pris part Ă la bagarre, filmĂ©e par des voyageurs et abondamment relayĂ©e sur les rĂ©seaux suite aprĂšs la publicitĂ© Le parquet de CrĂ©teil a indiquĂ© Ă l'AFP que les gardes Ă vue des deux rappeurs et de dix autres personnes avaient Ă©tĂ© prolongĂ©es. "Les exploitations vidĂ©os se poursuivent", et les gardĂ©s Ă vue vont ĂȘtre confrontĂ©s aux tĂ©moignages et Ă ces vidĂ©os, a-t-il prĂ©cisĂ©. Mercredi aprĂšs-midi, les clans des rappeurs se sont violemment affrontĂ©s dans une zone d'embarquement Ă Orly, sous les yeux de passagers Ă©berluĂ©s voire paniquĂ©s, dont certains ont filmĂ© la scĂšne. La rixe a entraĂźnĂ© de lĂ©gers retards sur sept vols, affectant passagers, a appris l'AFP de source proche du dossier. Les images montrent que les deux rappeurs commencent par s'invectiver avant que la scĂšne ne dĂ©gĂ©nĂšre coups de poing, de pied, puis l'altercation tourne Ă la bagarre gĂ©nĂ©rale. Une dizaine d'hommes se battent au milieu des voyageurs et dans une boutique duty-free, oĂč l'on entend des bouteilles se suite aprĂšs la publicitĂ© "Quand on parle il faut assumer", "va Ă l'infirmerie", lance Booba, torse nu et bras levĂ©, Ă la fin de la scĂšne. Quatorze personnes au total ont Ă©tĂ© placĂ©es en garde Ă vue pour violences volontaires, dont deux ont Ă©tĂ© mises hors de cause et relĂąchĂ©es jeudi matin, selon le parquet de CrĂ©teil. La grande majoritĂ© s'est vu dĂ©livrer des interruptions temporaires de travail ITT pour leurs blessures, de un Ă sept jours, a-t-il indiquĂ©. Le ministre de l'IntĂ©rieur, GĂ©rard Collomb, en marge d'un dĂ©placement au Mont-Saint-Michel, a rappelĂ© qu'assurer la sĂ©curitĂ© de "quelques millions de passagers" Ă Orly Ă©tait "compliquĂ©". "Alors si des rappeurs qui, en plus, si j'ai bien compris sont pĂšre et fils spirituels, pouvaient Ă©viter de s'interpeller", et de "provoquer l'embouteillage de tout un aĂ©roport, ce serait bien", a-t-il dit devant la presse, se fĂ©licitant de leur placement en garde Ă suite aprĂšs la publicitĂ© - Air France dĂ©pose plainte - AĂ©roports de Paris a dĂ©posĂ© plainte pour "trouble Ă l'ordre public avec prĂ©judice d'image et financier", ainsi que "mise en danger de la vie d'autrui" car la rixe a empĂȘchĂ© la mise en place d'un pĂ©rimĂštre de sĂ©curitĂ© autour d'un bagage abandonnĂ©, a indiquĂ© un porte-parole Ă l'AFP. Une seconde plainte a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e par Air France qui a chiffrĂ© Ă euros son prĂ©judice dĂ» aux retards subis par plusieurs de ses appareils, a-t-on appris de source proche du dossier. Le gĂ©rant de la boutique duty-free, qui a Ă©galement dĂ©posĂ© plainte, a lui fait Ă©tat de euros de dĂ©gĂąts, selon cette mĂȘme suite aprĂšs la publicitĂ© Kaaris "a Ă©tĂ© pris Ă partie par Booba qui a insultĂ© son enfant et sa femme. Puis ils se sont tous ruĂ©s sur lui. On le voit sur les vidĂ©os, ils sont Ă trois contre un", a dĂ©clarĂ© Ă l'AFP l'un de ses avocats, Arash Derambarsh. "Du grand n'importe quoi", a rĂ©pondu sur BFM TV l'avocat de Booba, Yann Le Bras, qui estime que les vidĂ©os montrent que ce sont Kaaris et son groupe qui "viennent de façon trĂšs agressive Ă l'altercation". Les deux rappeurs se rendaient chacun de leur cĂŽtĂ© Ă Barcelone, oĂč il devaient se produire mercredi soir. Si Ă l'origine les rappeurs s'affrontaient plutĂŽt lors de joutes verbales dans les citĂ©s, devant un public prĂȘt Ă acclamer ou +chambrer+, ils ont trouvĂ© sur les rĂ©seaux sociaux un nouveau terrain de jeu pour "clasher" leurs suite aprĂšs la publicitĂ© Ce "rap game" et ces "clashs" peuvent aller de la simple moquerie Ă la menace physique, voire au rendez-vous prĂ©cis donnĂ© pour en venir aux mains. Booba s'est dĂ©jĂ battu en 2013 avec le rappeur La Fouine, Ă Miami. En 2014, c'est un autre de ses rivaux, Rohff, accompagnĂ© de plusieurs personnes, qui a agressĂ© un vendeur distribuant sa marque de vĂȘtements dans une boutique parisienne.
dans ce game vous avez tous peur de booba